Auteur : Stephen R. Donaldson
Traducteur : Isabelle Troin
Date de saisie : 19/09/2006
Genre : Science-fiction, Fantastique
Editeur : Pré-aux-clercs, Paris, France
Collection : Fantasy
Prix : 19.90 € / 130.54 F
ISBN : 978-2-84228-243-1
GENCOD : 9782842282431
ENFIN REEDITE DANS SON INTEGRALITE ET DANS UNE NOUVELLE TRADUCTION, L'UN DES PLUS GRANDS CHEF D'UVRE DE LA FANTASY.
Peu après son retour dans le monde «réel», l'écrivain lépreux Thomas Covenant est de nouveau projeté dans le Fief, cette contrée à la fois familière et insolite, le temps ne s'écoule pas de la même façon. Quarante ans ont passé depuis sa dernière visite, et c'est Elena, la fille de Léna, qui gouverne désormais le royaume. Un royaume menacé par Turpide le Rogue, qui appelle les kresh, les ur-vils, les griffons, les lémures et autres créatures démoniaques à se rassembler pour constituer une armée.
Désespérée, Elena supplie Covenant, le porteur d'or blanc, de les aider. Il devra compter avec Hile Troy, un aveugle de naissance, qui vient, lui aussi, du monde «réel». Ces deux personnages que tout oppose réussiront-ils à repousser les hordes maléfiques ? La destinée de tout un peuple dépend de leurs choix.
Né en 1947 aux Etats-Unis, Stephen Donaldson a vécu en Inde où son père soignait les lépreux dans une mission. Sa série des Chroniques de Thomas Covenant a connu un immense succès dans le monde.
Les rêves des hommes
LE TEMPS QUE THOMAS COVENANT arrive au Refuge, ses souvenirs lui étaient déjà devenus un fardeau insupportable. En ouvrant la porte de son domicile, il fut de nouveau confronté à l'ordre stérile du salon. Les meubles et les objets étaient exactement là où il les avait laissés - comme si rien ne s'était produit, comme s'il ne venait pas de passer les quatre dernières heures dans le coma ou dans un autre monde, où sa maladie avait été éradiquée... bien que ce fût impossible. Ses doigts et ses orteils aux nerfs morts étaient toujours froids et engourdis. Rien ne pourrait jamais changer cela.
Comme les autres pièces de la maison, le salon était arrangé et capitonné pour protéger Covenant contre le danger omniprésent des meurtrissures, des coupures et des brûlures, potentiellement fatales - car, ne pouvant les sentir, il risquait de les laisser s'infecter. Là, gisant sur la table basse, il aperçut le roman qu'il était en train de lire la veille, alors qu'il hésitait à se rendre en ville. Celui-ci était toujours ouvert à une page qui avait eu un sens très différent pour lui quelques heures plus tôt. «[...] Modeler la matière incohérente et vertigineuse dont les rêves se composent est la tâche la plus difficile qu'un homme puisse entreprendre [...] Les rêves des hommes appartiennent à Dieu.»
H se sentait aussi las que si la quête du Bâton de la Loi avait réellement eu lieu, que s'il venait juste de survivre à une expédition dans les catacombes et de jouer un rôle involontaire dans la récupération du précieux objet tombé entre les mains d'un lémure fou. Mais croire que de telles choses s'étaient produites eût été pure folie, un véritable suicide. Elles étaient aussi impossibles que la régénération des nerfs ; or, la survie d'un lépreux dépendait de son refus d'accepter l'invraisemblable.
Parce qu'il était épuisé et ne disposait d'aucune autre défense, Covenant alla se coucher et dormit comme une souche, d'un sommeil solitaire et sans rêves.
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