Auteur : Bertrand Puard
Date de saisie : 11/10/2006
Genre : Policiers
Editeur : Belfond, Paris, France
Collection : Romans policiers historiques
Prix : 18.50 € / 121.35 F
ISBN : 978-2-7144-4258-1
GENCOD : 9782714442581
Paris, 1908. Deux ans après la mort de Paul Cézanne, un portrait inédit d'Émile Zola peint par le maître est retrouvé devant le Panthéon. Quelques rues plus loin, un meurtre est commis dans un restaurant. Les brigades du Tigre sont formelles : la scène du crime évoque trait pour trait Les Joueurs de cartes, le tableau du célèbre artiste.
Lalie, jeune écrivaine, amie de Matisse et Picasso, va enquêter sur cette étrange affaire. Qui sont ces assassins ? Ces gens de l'ombre qui espionnent la jeune femme ? Et que cherche ce vagabond au regard halluciné, hanté par le souvenir du peintre génial ?
Meurtres, kidnappings, complots, tableaux mystérieux... Une intrigue vertigineuse au coeur de l'oeuvre de Paul Cézanne, entre Paris et Aix-en-Provence. Une plongée bouleversante dans le monde de l'art et les secrets de la création.
Bertrand Puard est né en 1977. Il a reçu le prix du Roman policier de Cognac 2001 pour Musique de nuit et celui du Roman d'aventures 2003 pour La Petite Fille, le Coyote et la Mort. La Chose du marais, une de ses pièces radiophoniques, a été diffusée en 2004 sur France Culture. Dans Requiem pour Cézanne, Bertrand Puard concilie la force des romans du XIXe siècle avec l'intensité des thrillers contemporains.
Bientôt, l'ombre du Panthéon allait recouvrir la foule immense.
4 juin 1908. La façade du monument arbore trois gigantesques écussons violets. Dessus, on a brodé en lettres d'or les initiales E. Z., superposées pour qu'elles forment un emblème, l'emblème de la vérité et de la justice.
La journée est superbe. On enterre Emile Zola pour la seconde fois. Ce n'est plus seulement le cortège de ce peuple fier qui suivait le cercueil six ans plus tôt dans Paris jusqu'au cimetière de Montmartre, ces délégations de mineurs du Pas-de-Calais hurlant «Germinal !», ce ne sont plus ces ouvriers sortis tout droit de L'Assommoir, du Ventre de Paris, mais un fleuve d'hommes et de femmes venus dire simplement merci.
À l'intérieur de l'édifice, au centre de la nef, une haute pyramide de velours violet frangée d'or soutient le cercueil de l'écrivain. Des drapeaux tricolores l'entourent. Tout ce que la France compte d'officiels se recueille autour du catafalque. Au grand homme, la patrie enfin reconnaissante.
En bas de la rue Soufflot, les voitures se frayent difficilement un chemin pour rejoindre la cérémonie. Déjà, les présidents des chambres, les ministres, le corps diplomatique, l'état-major du gouverneur de Paris, mais aussi les juges de paix et les délégations des écoles sont là. Le capitaine Dreyfus, le visage grave, a pris place non loin de Mme Zola. Georges Clemenceau lui donne une franche poignée de mains avant de rejoindre sa place. On n'attend plus que le président de la République, Armand Fallières, pour commencer la cérémonie. Et le voilà justement qui arrive. Des gardes municipaux en grande tenue, sabre au clair, forment la haie d'honneur de la façade du Panthéon jusqu'à la nef.
Plus bas encore, quelques groupuscules antidreyfusards crachent leur dégoût et distribuent quelques coups de poing au hasard. Ils brandissent fièrement Le Gaulois du jour, dans lequel Maurice Barrés s'insurge contre la cérémonie, cette «ignoble leçon donnée solennellement en plein Quartier latin à la jeunesse française», alors que Victorien Sardou, membre de l'Académie française, qui a tant de fois refusé Zola, s'exclame : «Le Panthéon est devenu un hôtel meublé !»
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