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A partir d'écrire

Couverture du livre A partir d'écrire

Auteur : Evelyne Encelot

Date de saisie : 13/09/2006

Genre : Poésie

Editeur : Ed. de l'Amandier, Paris, France

Collection : Poésie

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 978-2-915695-83-0

GENCOD : 9782915695830

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  • La présentation de l'éditeur

Ce recueil est une publication posthume rassemblant des inédits d'Evelyne Encelot (1948-1998). Les dates et la nature des textes retenus constituent un cycle majeur de son écriture. D'autres textes ont été écrits antérieurement, qui paraîtront un jour, mais il y a un «avant» et un «après» circonscrits par l'épreuve de la souffrance psychique. Evelyne Encelot tenait à témoigner de ce parcours tant est mal dite - «maudite» - la souffrance psychique, tant est dépossédé celui qui en souffre et qui est trop souvent celui dont on parle, sur lequel on parle et non celui qui parle. Écrire de ces lieux des confins de l'esprit, ce courage-là, cet effort-là - car c'est travail de Sisyphe - est une réappropriation de soi et du monde. L'écriture se fait à la fois acte de résistance et délivrance.

C'est à simplement, pleinement écrire qu'elle témoigne le mieux, au-delà de toute anecdote biographique, de l'inscription de l'humain dans et par la langue. Et tout se dit de là-bas, d'ici, des joies, des souffrances, du quotidien et de «l'extraordinaire», de l'obscur de nous-mêmes et de la plus éclatante lumière, de la légèreté et du poids de vivre...

Le but de ce livre est de permettre la découverte de l'écriture d'Evelyne Encelot dans sa diversité, écriture «régulière» plus que «séculière» et qui s'élabore à la fois dans la plus grande singularité et dans une présence attentive à l'autre et au monde. Nous souhaitons qu'il suscite intérêt et adhésion pour l'authenticité et l'originalité de ce travail élaboré dans une confrontation personnelle à l'écriture comme manière d'exister.

Claude Ber





  • Les premières lignes

Extrait de la préface de Jean Rubin :

La poésie d'Evelyne Encelot est douce et violente. Pas seulement dans le jeu du contrepoint qui fait alterner le charme d'une chanson à l'éclat coupant d'un texte qui fait entendre la douleur, la brisure d'un «soleil pulvérisé», mais dans la rencontre qui allie, au coeur même du poème, présence et absence, ouverture et repli, réparation et déchirure. Elle vit d'une tension constante où se dit l'intense contradiction du vivre, du «être là» dans le monde, du «être là» du monde.
Le monde, c'est d'abord le ciel «couleur de pêcher», le soleil, le vent, la pluie et la mer, constamment évoquée, convoquée dans un face à face où le vide de l'âme se creuse de l'immensité immuable, de l'immensité fracassante jusqu'à l'effacement, l'anéantissement. «Je m'amenuise, je m'atténue, je me distingue à peine du ramassis auditif qu'elle rythme et enfièvre.» Le monde se manifeste alors dans une sorte de dessaisissement où l'être se retire, s'évide jusqu'à l'absolue béance: «le vent souffle dans mon âme». C'est sans doute la condition pour que s'élève le chant «Pour la mer, et l'eau lumineuse de sa dalle qui glisse et reglisse dans le brouhaha du soleil» («Ex-voto»). Mais le monde c'est aussi les lieux du voyage et du repli: les rues, l'appartement vide, la maison. Si la mer est (l'ouvert), la maison est le lieu de l'infime, de Ouvrir et fermer les volets. «J'ai jeté mes habits marchands et laissé les apparences/Je me claquemure...». La maison, «maison fermée sur la nuit», est alors un refuge où il s'agit de tenir à distance le dehors pour que vivre soit possible dans l'émerveillement simple d'un matin d'été «voir par la porte entrebâillée les petits poiriers et pommiers luisants aiguisés par des souffles de brise». La nuit, pourtant, les fenêtres s'ouvrent, les murs se dissipent, la porte cède et «la peur énorme s'ouvre sur du vide» («Les Akènes de la nuit»).
La poésie d'Evelyne Encelot est ainsi travaillée par le vide, par la mort; ou plutôt elle s'accomplit à partir, autour du trou qu'elle cerne d'un fil ténu. «Je parlais et ma vie se dévidait, se bobinait» («Silences»). Elle est en ce sens arachnéenne et se revendique comme telle dans deux poèmes intitulés «La Leçon d'Arachnée».

«Happant de ses toiles fines
La douceur de l'humide et du sec
Et patiente, patiente, filant
De sa patte prudente...»


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