Auteur : Bashô
Traducteur : René Sieffert
Date de saisie : 12/09/2006
Genre : Poésie
Editeur : Verdier, Lagrasse, France
Collection : Verdier poche
Prix : 10.00 € / 65.60 F
ISBN : 978-2-86432-481-2
GENCOD : 9782864324812
Matsuo Munefusa, fils d'un petit samouraï, et plus tard célèbre sous le nom de Bashô, est né en 1644 non loin de Kyoto. Très tôt il se consacre à la poésie et, selon ses propres termes, «fait du haïkaï sa vie».
L'édition de René Sieffert, éminent et prolixe traducteur et commentateur de la littérature classique japonaise, restitue toute la complexité thématique qui porte cette forme brève et donne une profondeur à cet art de la simplicité et de la légèreté.
Plus que l'alouette
haut dans le ciel me repose
au sommet du col
Extrait de l'introduction de René Sieffert :
Dans le catalogue des ouvrages disponibles, en l'année 1707, du libraire-éditeur Izutsuya, «à Kyoto, au nord de la Deuxième Avenue», on trouve la mention «Arano [Friches], trois volumes, par Kakei d'Owari, an trois de Genroku [1690], trois mommé cinq décimes [soit environ 13 g d'argent]», ce que confirme l'examen des exemplaires conservés, lequel semble indiquer, d'autre part, que plusieurs tirages avaient été effectués entre ces deux dates à partir des mêmes planches (avec un bois de qualité, on pouvait tirer jusqu'à une dizaine de milliers d'exemplaires). La préface des Friches, signée de Bashô, est, quant à elle, datée de la troisième lune de l'an deux [1689], soit quelques jours à peine, vraisemblablement, avant le départ du poète pour son périple de la Sente étroite du Bout-du-monde, à la fin de ce même mois.
Le compilateur du recueil, Yamamoto Kakei (1648-1716), médecin à Nagoya, chef-lieu de la province d'Owari, était celui-là même qui avait publié les Jours d'hiver (1684) et les Jours de printemps (1686), réunissant des oeuvres de certains membres du groupe de haïkaï dit d'Owari, lesquels s'étaient ralliés à la «manière nouvelle» préconisée par Bashô, à la suite du séjour de près d'un mois effectué par ce dernier dans leur ville au début de l'hiver de 1683-1684, au cours du voyage qu'il relate dans le premier de ses Journaux, intitulé Nozarashi kikô, «Dussent blanchir mes os».
Lorsque, trois ans plus tard, le maître repassera par Nagoya, il trouvera ce groupe d'Owari en plein essor, riche de plusieurs centaines de membres, renforcé même par des habitants de la province voisine de Mino (chef-lieu Gifu). Une nouvelle fois, il présidera des sessions de haïkaï aboutissant notamment à la composition de kasen, suites de trente-six versets, avant de regagner Édo en compagnie d'Ochi Etsujin (1656-vers 1740), en empruntant la route des montagnes pour, «au village de Sarashina, aller voir la lune sur le mont Obasuté» (Notes d'un voyage à Sarashina). Sans doute avait-il, pendant ce second séjour à Nagoya, suggéré à Kakei de composer une anthologie de la production de ses amis, anthologie pour laquelle il devait écrire lui-même, peu de temps après son retour au Bashôan, et selon toute apparence bien avant l'achèvement d'un ouvrage qui ne paraîtrait qu'au cours de l'année suivante, une préface des plus élogieuses pour l'auteur de celui-ci.
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