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Heureux qui comme moi

Couverture du livre Heureux qui comme moi

Auteur : Claude Bourgeyx

Date de saisie : 12/09/2006

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Castor astral, Bègles, France

Prix : 13.00 € / 85.27 F

ISBN : 978-2-85920-685-7

GENCOD : 9782859206857

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  • La présentation de l'éditeur

«J'ai toujours vécu dans l'effroi de ressembler à mon père. On peut se relever d'une leucémie, d'un infarctus, d'un cancer ou de quelque autre affection réputée fatale, mais on ne guérit pas de l'hérédité.»

Ces mots sont ceux d'un drôle de type entre deux âges qui vit chez ses parents, deux vieillards pas piqués des vers. Ainsi végète-t-il entre l'enfer familial et le paradis des acoquinements amoureux. Jusqu'au jour où il fait la connaissance de Blanche, une femme aux bien méchantes manières !

Une existence pareille suffirait à en détruire plus d'un, mais pas cet artiste azimuté qui croit dur comme fer en sa vocation de créateur de cages. De toutes sortes de cages. Avec une obsession : concevoir une cage dans laquelle on puisse enfin se sentir libre !

Avec ce morceau de bravoure de l'humour le plus noir et le plus extravagant, Claude Bourgeyx engendre une allégorie cruelle de l'amour et de la liberté.

Claude Bourgeyx vit et travaille à Bordeaux. Romancier et nouvelliste, il est notamment l'auteur de Les Petits Outrages et Les Petites fêlures (Le Castor Astral), ainsi que de Coup de foudre (Belfond), L'Amour imparfait (Arléa) et Preuves à l'appui (Le Seuil). Il est l'auteur de pièces à succès interprétées notamment par des comédiens comme Claude Piéplu, Anémone ou Bernadette Lafont.





  • Les premières lignes

J'ai toujours vécu dans l'effroi de ressembler à mon père. On peut se relever d'une leucémie, d'un infarctus, d'un cancer ou de quelque autre affection réputée fatale, mais on ne guérit pas de l'hérédité.
Un jour, je dis à mon père : Je ne supporte pas de te ressembler, ça me met l'âme à l'envers. Il répondit : La ressemblance, c'est ta punition. Tu ne peux pas aller contre.
Depuis, je passe mon temps à corriger attitudes, gestes et mimiques susceptibles de mettre en évidence, d'une manière ou d'une autre, une quelconque ressemblance avec lui. Il n'empêche que, depuis longtemps, et de jour en jour avec plus d'évidence, j'identifie ses traits incrustés dans les miens. Cette surimpression saisissante me ronge. Elle m'atteint dans ma chair, me met au supplice.
Il est injuste et mortifiant d'être à l'image de gens en lesquels on aimerait ne pas se reconnaître.
Je me souviens d'un échange que nous avions eu sur le sujet, Marguerite et moi. Ça remonte à des années. Les années Marguerite. Il y a un bail. J'avais dit comme ça : Après tout on n'est pas tenu d'aimer ses parents. Réflexion bien envoyée. J'étais content de moi. Ni même ses enfants ! avait-elle ajouté, avant de tirer une bouffée d'un joint mal roulé - travail de dilettante, peu de science en la matière, de l'amateurisme. D'ailleurs elle ne fumait que par occasion, à mon avis pour faire genre ; à moins que ce ne fût seulement pour m'impressionner, moi qui ne touchais pas à ça. Mais qu'importe pourquoi elle fumait. Elle portait son joint à la bouche avec solennité et le tétait en affectant à l'excès tantôt l'air de qui reçoit l'Eucharistie - les yeux chaviraient, le blanc faisait surface -, tantôt la contenance de qui la donne - mine spectaculairement protocolaire ! Inutile de dire que ces offices grimaciers ne m'éblouirent qu'un temps : celui de l'euphorie des tout premiers mois, quand je trouvais Marguerite épatante, quoi qu'elle fît.


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