Passion du livre - tout sur le livre : Bonne nuit, doux prince

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Bonne nuit, doux prince

Couverture du livre Bonne nuit, doux prince

Auteur : Pierre Charras

Date de saisie : 13/07/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Mercure de France, Paris, France

Collection : Bleue

Prix : 13.00 € / 85.27 F

ISBN : 978-2-7152-2636-4

GENCOD : 9782715226364


  • La dédicace de l'auteur

Bonne nuit, doux prince est mon treizième roman et, en même temps, le premier ou le seul que je voulais faire sur mon père, parce que mon père est mort il y a vingt-six ans et que, depuis, je suis inconsolable. Ce livre est la stèle que j'élève pour mon père. Jusque-là, il est partout dans mes livres - c'est le treizième... Il a toujours été présent, mais il est présent par morceaux, par extraits. Ce sont des petites guerres, ramassées comme ça... Et là, il s'agit d'une véritable stèle, un monument. Du moins, je l'espère... C'est ce qu'ai voulu faire, c'est ce que j'ai essayé. Ce treizième livre est l'accomplissement d'un désir que j'avais dès le premier, qui était de rendre hommage à mon père et de lui dire : «tu étais bien ; je ne te l'ai jamais dit, mais tu étais bien. Et tu étais, comme je le dis dans le titre, un prince, alors que tu étais un pauvre prolo, bien sûr, fauché et ignorant». Mais quand même, il avait une sorte de noblesse du coeur que j'ai essayée de peindre, avec mes souvenirs qui sont de plus en plus rares, de plus en plus solides et douloureux. J'espère que ces explications ont été suffisantes et ont donné envie à mes lecteurs éventuels, à mes lecteurs potentiels, possibles, souhaitables, souhaités, d'avoir du plaisir. Moi, j'ai eu beaucoup de plaisir à le faire, mais j'ai imaginé du plaisir à le lire. C'est du plaisir pour les autres, pas pour moi. Mais je l'ai fait dans le but de donner du plaisir et de donner envie à mes lecteurs de dire : «bonne nuit, doux prince» à leur papa, si leur papa est encore là.

(Propos recueillis par téléphone)



  • La présentation de l'éditeur

Je le voyais s'éloigner, la nuque maigre, le crâne chauve, les épaules effondrées. Je n'ai pas bougé. J'aurais dû l'appeler, le serrer dans mes bras, lui dire que j'étais heureux qu'il me fasse cadeau, pour me faciliter la vie de tous les jours, des ob­jets qui lui avaient permis d'être lui. Mais je n'ai pas bougé, je n'ai rien dit. C'est aujourd'hui, tant d'années après, que je voudrais le rattraper et le prendre contre moi. Je sais bien qu'il est trop tard, mais j'y reviens sans arrêt. Comme un cul-de-jatte qui a mal aux jambes, j'ai mal à mon père. C'est ça au fond notre histoire. Des gestes qui n'ont pas eu lieu. Des mots que j'ai négligé de dire. Des élans d'amour aujourd'hui périmés qui m'étouffent. Je n'en finis pas d'établir le catalogue des occasions manquées.

Le narrateur de Pierre Charras trace le portrait de son père, né en 1911. Avec des mots justes et simples, il ressuscite les cartes postales nostalgiques d'un bonheur familial fragile. Il se lance à l'assaut de son enfance comme on gravit une montagne. Il se fait archéologue émotionnel de l'histoire paternelle, comme si les mots pouvaient pallier l'absence. Hommage d'un fils à son père disparu, d'un enfant à ses parents, le roman de Pierre Charras est bouleversant.

Pierre Charras est l'auteur de nombreux romans, dont Comédien (prix Valéry Larbaud 2000) et Dix-neuf secondes (prix Fnac 2003).



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  • La revue de presse Jean-Louis Ezine - Le Nouvel Observateur du 12 octobre 2006

«C'est incompréhensible, quand on y pense, la paternité», soupire Pierre Charras au beau milieu du roman, tout de tendresse et de regrets mêlés, qu'il consacre à son père disparu. Sur cette incompréhension repose même une bonne part de la littérature mondiale, tous siècles confondus, sans qu'on soit jamais parvenu à épuiser la féconde énigme...
Comment Pierre Charras parvient-il à nous émouvoir avec ce récit tout en empêchements, en retenue, en illusions consenties ? Il paraît que les bons sentiments font la mauvaise littérature. Pas toujours, la preuve.


  • La revue de presse Olivier Le Naire - L'Express du 12 octobre 2006

Tout, dans ce livre, pourrait sembler banal. Tout n'y est pourtant que tendresse et subtilité. Il faut lire la merveilleuse scène où l'on voit ce père se raser le matin devant un miroir pendu à l'espagnolette de la salle de bains, lire aussi celle de sa mort bouleversante et l'errance de ceux qui restent, pour comprendre qu'il n'est jamais trop tard pour se dire «je t'aime».



  • Le message de l'auteur

Pierre Charras - 05/09/2006



  • Le bouche à oreille des écrivains

Janine Boissard - 24/05/2007



  • Les premières lignes

Cet homme taciturne qui, une fois la retraite venue, par­courait les rues de la ville sans les voir, jour après jour, j'aime­rais bien tout dire de lui.
Il y avait le petit tour, avant déjeuner, et le grand, en fin d'après-midi. Il marchait d'un pas rapide, comme s'il allait quelque part. Et d'ailleurs, il ne faisait pas autre chose : il se hâtait vers son point de départ. Il décrivait une boucle. Une courte boucle le matin et une plus longue avant le dîner. Il avait tout juste le temps, s'il voulait être de retour à midi et à dix-neuf heures. Et il le voulait.
Il était très à cheval sur les horaires, mon père, et mes retards sont à mettre parmi les millions de choses qui, chez moi, l'exaspéraient.


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