Auteur : Muriel Spark
Date de saisie : 10/09/2006
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Serpent à Plumes, Paris, France
Collection : Motifs, n° 265
Prix : 6.00 € / 39.36 F
ISBN : 978-2-268-05940-2
GENCOD : 9782268059402
Dans l'Ecosse des années trente, Mademoiselle Brodie enseigne de façon peu conventionnelle dans une des écoles de filles les plus huppées du pays... Une conspiration «administrative» se développe contre cette institutrice d'avant-garde, convertie au catholicisme, qui a rassemblé autour d'elle un petit groupe constitué de ses meilleures élèves. Publié en 1961, puis adapté au cinéma, ce livre a rendu célèbre Muriel Spark, romancière, nouvelliste, poétesse et biographe d'Emily Brontë et de Mary Shelley. La réédition de ce titre, précédé d'Une serre sur l'East River et bientôt suivi de L'Ingénieur culturel, permet de rendre hommage à cette grande dame des lettres, décédée en avril 2006.
Poétesse, nouvelliste, biographe d'Emily Brontë et de Mary Shelley, Muriel Spark, née en 1918 en Ecosse, a vécu en Afrique noire et à Londres, avant de s'installer en Toscane. Les Belles Années de Mademoiselle Brodie, devenu un best-seller, l'a rendue célèbre en 1961.
Depuis, plusieurs de ses romans ont été adaptés à l'écran et quatre recueils de nouvelles réunis en français sous le titre Pan ! Pan ! Tu es morte (Prix FNAC de la nouvelle étrangère, 1987). Muriel Spark a reçu en 1992 le prix T. S. Eliot (obtenu également par Mario Vargas Llosa, Octavio Paz, Jorge Luis Borges, etc.), ainsi que le British Literature Prize pour l'ensemble de son oeuvre en 1997, à Londres.
Du même auteur, dans la même collection : Une serre dans l'East River, Motifs n° 252. À paraître : L'Ingénieur culturel.
LES GARÇONS, pendant qu'ils parlaient aux filles de l'école Marcia-Blaine, se tenaient de l'autre côté de leur vélo dont ils empoignaient le guidon, ce qui élevait entre les sexes une barrière protectrice constituée par la bicyclette, et donnait l'impression qu'à tout instant les garçons étaient à même de s'en aller.
Les filles ne pouvaient enlever leur panama, parce que les grilles de l'école n'étaient pas loin, et que l'absence de chapeau constituait une infraction. On fermait les yeux sur certaines déviations par rapport à la disposition convenable du chapeau sur la tête, chez les élèves de quatrième année et au-delà, à condition que nul ne portât son chapeau de biais. Mais il existait d'autres variantes subtiles, par rapport à la règle ordinaire consistant à porter le bord relevé derrière et rabattu devant. Chacune des cinq filles, qui se tenaient tout près l'une de l'autre à cause des garçons, avait une façon nettement différente de porter son chapeau.
Ces filles constituaient le clan Brodie. Ainsi les avait-on appelées avant même que la directrice ne leur eût donné ce nom sur un ton de mépris quand elles étaient passées, à douze ans, de l'école des petites à l'école des grandes. À cette époque, elles avaient été reconnaissables au premier coup d'oeil en tant qu'élèves de Mlle Brodie, étant largement informées sur quantité de sujets très éloignés du programme d'études réglementaire, ainsi que disait la directrice, et inutiles à l'école en tant que telle. On constata que ces fillettes avaient entendu parler des buchmanites et de Mussolini, des peintres de la Renaissance italienne, des avantages pour la peau de la crème démaquillante et de l'hamamélis de préférence à l'eau et au savon tout simples, et du mot menarche*; la décoration intérieure de la maison londonienne de l'auteur de Winnie l'ourson leur avait été décrite, ainsi que les vies amoureuses de Charlotte Brontë et de Mlle Brodie en personne.
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