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Le pays des merveilles

Couverture du livre Le pays des merveilles

Auteur : Giuseppe Culicchia

Traducteur : Vincent Raynaud

Date de saisie : 19/09/2006

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Albin Michel, Paris, France

Collection : Grandes traductions

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 978-2-226-17338-6

GENCOD : 9782226173386

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  • La présentation de l'éditeur

«J'ai demandé à Franz un de ses T-shirts comme souvenir.
Celui avec gribouillé au stylo-bille JE VOUS HAIS TOUS.
Je le porte tout le temps.
Le rendez-vous avec Margherita, j'y suis pas allé.
J'écoute de la musique.
Le jour.
La nuit.
Je regarde le T-shirt que je porte.
JE VOUS HAIS TOUS, c'est écrit.
JE VOUS HAIS TOUS.
JE VOUS HAIS TOUS.
JE VOUS HAIS TOUS.»

«Entre violence et terrorisme, l'amitié de deux adolescents dans l'Italie des années soixante-dix : un livre qu'on hésite à refermer, tel un spectateur de cinéma s'attardant dans une salle après avoir vu un film qu'il a particulièrement aimé.»

La Stampa

Né en 1965 à Turin, Giuseppe Culicchia a fait son entrée en littérature en 1994 avec Patatras, un premier roman couronné par les prix Montblanc et Grinzane Cavour, également adapté au cinéma (prix de la Critique au Festival de Locarno 1997). Considéré depuis comme l'un des auteurs phares du paysage littéraire italien, il est aujourd'hui traduit dans une douzaine de langues.





  • La revue de presse Astrid Eliard - Le Figaro du 7 septembre 2006

Dans ce pays des merveilles, vous ne croiserez pas la reine de coeur poursuivant d'une voix de tonnerre ses sujets pour qu'on leur tranche la tête. Il s'agit d'une contrée bien réelle, à l'horizon lesté par ce terrible vague à l'âme qui surprend les enfants à l'adolescence, et ces «années de plomb», dont l'Italie n'a pas fini de panser les blessures.

[...] À l'instar de tous ces films italiens qui rencontrent un immense succès en France (Nos meilleures années ; Buongiorno, notte ; Romanzo criminale), Le Pays des merveilles, atteste les efforts de l'Italie pour digérer un passé qui ne passe pas. Dans ce roman très visuel, qui a de cinématographique des chapitres conçus comme des plans séquence, Culicchia insère dans la narration des bribes d'archives. Lui aussi, né à Turin en 1965, est un enfant des années de plomb. Il fait surgir l'actualité de 1977 - les AG, Aldo Moro, la violence. Un climat qui excite les héroïsmes de tout genre, facho ou tire-au-flanc, et font voler en éclats la famille, le lycée, la religion. A la dernière page, résonne la plus ultime des rébellions : «Je vous hais tous», ou le cri d'un enfant qui ne veut pas, ou ne sait pas grandir.



  • Les premières lignes

La fortune sourit aux audacieux. Ouah !

Au début, ça ressemble à une histoire inventée. Juste parce qu'aujourd'hui on a droit à l'Enfer, du genre : «Abandonne tout espoir, toi qui entres ici...», etc.
Mollo : J'ai mal à l'utérus.
Zazzi : QU'EST-CE QUE TU RACONTES, BORDEL ?
Mollo : J'ai mal à l'utérus.
Zazzi me regarde. Je regarde Mollo. Mollo regarde Zazzi. Il se tient le ventre, plié en deux.
«D'après moi, ce gars-là prend de l'héro. Et ATTENDU que les apparences sont trompeuses, c'est bien connu, à la place du sanglier OBÈSE qu'on croit voir, c'est un toxico super-maigre en pleine crise d'abstinence, suggère Franz. Dis la vérité au milicien Zazzi, CRÉTIN : t'es en manque, hein ?
-Je te dis que j'ai mal à l'utérus», insiste l'intéressé.
Je le préviens :
«Je te signale que c'est pas ici, l'utérus.
- Mais ma tante m'a expliqué que c'était ici.
- Que vient foutre ici ta tante ? fait Zazzi, soupçonneux.
- Elle me donne des cours d'éducation sexuelle, grommelle Mollo.
- Éducation SEXUELLE ?
- Ouais.
- Quoi, tu la BAISES ?» ricane Zazzi en se pinçant le grain de beauté gros comme une pièce de cinquante lires qu'il a sur la joue. Aujourd'hui il arbore un T-shirt sur lequel il a écrit au stylo-bille SANG ET HONNEUR. Il dit que c'est la devise des Jeunesses hitlériennes.
«Pauvre débile, éclate Mollo, humilié.
- D'après moi il la BAISE. Attila ?
- D'après moi, il a compris que dalle.
- Ben voyons. Ces trucs-là il les comprend parfaitement ! Hein, Mollo ?
- Va te faire foutre !


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