Auteur : Laure Dumont
Préface : Elisabeth Brami
Date de saisie : 23/09/2006
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : R. Laffont, Paris, France
Prix : 17.00 € / 111.51 F
ISBN : 978-2-221-10749-2
GENCOD : 9782221107492
Au début de l'année 2006, la France est encore sous le choc des émeutes des banlieues, quand tombe une dépêche du ministère de l'Education nationale prohibant dans tous les cours préparatoires le recours à la méthode globale pour l'apprentissage de la lecture. Les parents, angoissés par le risque d'échec scolaire de leurs enfants, applaudissent ; les instituteurs, médusés, s'insurgent car ils n'utilisent plus cette méthode depuis bien longtemps... Les experts agitent en vain leurs études, la machine s'emballe et tout le monde a son mot à dire ! Oui, mais que dit-on de réellement pertinent sur le devenir de nos enfants ? Refusant de se laisser prendre à cette manipulation grossière, la journaliste Laure Dumont mène l'enquête globale, syllabique, méthode mixte... que disent les données scientifiques ? Quelles valeurs défendent les partisans de chacune de ces méthodes ? Où en est la recherche ? Quelle est la position des politiques en la matière ? A l'heure où l'école, préoccupation majeure des Français, a plus que jamais besoin que l'on se resserre autour d'elle, l'enjeu est de taille !
Journaliste à L'Expansion durant plusieurs années, spécialiste des questions d'éducation, Laure Dumont est l'auteur de L'Ecole expliquée aux parents, paru chez Retz en août 2006.
Laure Dumont a choisi son camp. La querelle idéologique sur les méthodes d'apprentissage de la lecture, qui a agité le Landerneau éducatif pendant tout l'hiver dernier, est à classer "dans le barnum politico-médiatique" et dans "le grand bazar des idées reçues". Journaliste spécialiste des questions d'éducation, Laure Dumont ne pouvait pas passer à côté de cette guéguerre pédagogique au cours de laquelle tout a été grossièrement simplifié et déformé sur l'autel de la récupération politique.
[...] Fluide, concis et engagé - mais pour la bonne cause, celle de la remise en perspective d'un sujet malmené - cet essai a le mérite de refaire tout le fil de cette querelle pédagogique qui n'a finalement pas grand sens. L'apprentissage de la lecture est une affaire trop sérieuse pour qu'elle soit utilisée comme thème de division. Et Laure Dumont de conclure : "La nostalgie ne suffit pas à faire un programme politique. Le recours aux vieilles méthodes ou aux méthodes autoritaires encore moins, surtout s'il est fondé sur des indignations amnésiques, des arguments statistiques fragiles et des anachronismes grossiers."
Extrait de la préface de Elisabeth Brami :
La lecture est une histoire d'amour
On s'est arrêté de mourir d'amour en France quand a disparu l'imparfait du subjonctif.
Thomas Ravier
Pourquoi accorde-t-on aujourd'hui une telle place à la question des méthodes de lecture ? Quels sont les enjeux du débat sur l'école et en particulier celui sur l'apprentissage de la lecture ?
On assiste à un embrasement médiatique virulent et récurrent qui semble plus politique que pédagogique. Est-ce parce que l'illettrisme s'est accru ? Sûrement pas. Est-ce par souci d'épanouissement de l'enfant ? On peut en douter.
Il est opportun de s'interroger, au vu de ces politiciens péremptoires, journalistes tous azimuts, enseignants exaspérés qui enfourchent périodiquement le cheval de bataille de la lecture, sur l'intérêt trop acharné pour ne pas être suspect qu'ils lui prêtent.
N'est-ce pas un sujet qui requiert, au contraire, une approche de bon sens et de sensibilité ?
«On se fait une grande affaire de chercher les méthodes d'apprendre à lire ; on invente des bureaux, des cartes ; on fait de la chambre d'un enfant un atelier d'imprimerie. Quelle pitié ! Un moyen plus sûr que tout cela, et celui qu'on oublie toujours, est le désir d'apprendre. Donnez à l'enfant ce désir, puis laissez là vos bureaux et vos dés, toute méthode sera bonne.»
Ces lignes de Jean-Jacques Rousseau dans l'Emile ou De l'éducation écrites en 1762 sont confondantes d'actualité.
Et s'il fallait revenir, justement, à la question du désir ? Si la première mission de tout éducateur, au sens large, était de faire émerger le désir pour l'orienter vers des valeurs culturelles ? Élever l'enfant. Élever l'élève. Pourquoi le désir a-t-il toujours eu autant de mal à trouver sa place au sein de la réflexion et de la pratique scolaires ? Pourquoi les recherches techniques, les procédés d'acquisition, continuent, sauf rares exceptions, à prévaloir sur celle du désir d'apprendre ?
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