Auteur : Cees Nooteboom
Traducteur : Philippe Noble
Date de saisie : 20/12/2006
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Actes Sud, Arles, France
Collection : Lettres néerlandaises
Prix : 17.00 € / 111.51 F
ISBN : 978-2-7427-6279-8
GENCOD : 9782742762798
Deux jeunes Brésiliennes partent pour l'Australie, un monde dont elles rêvent depuis l'enfance. Là, dans l'éblouissement du fantasme, Alma tombe amoureuse d'un peintre aborigène, un être aussi inaccessible que son art. Au-delà de la passion, le voyage australien se poursuit et, pour se faire un peu d'argent de poche, Alma travaille en tant que figurante dans le cadre du Festival de poésie de Perth, inscrit cette année-là sous le signe de John Milton. Déguisée en ange la jeune femme doit se cacher, échapper au regard des visiteurs, telle est la règle de ce jeu de piste en poésie. Et c'est dans cet étrange accoutrement qu'elle va croiser Erik Zondag, l'entraîner dans une brève étreinte puis disparaître. Des années plus tard ils se retrouveront, par hasard, bien loin de l'Australie. Mais les anges et les humains ne se ressemblent pas. Telle est peut-être la simple conclusion de cette seconde rencontre, consolatrice et pourtant fatale. Un roman aussi léger, aussi insaisissable qu'un poème, une histoire à travers laquelle sont abordés magistralement tous les drames de la vie, y compris la perte de l'innocence - la perte du paradis.
A soixante et onze ans, Cees Nooteboom, dont les romans, la poésie et les récits de voyage ont été traduits dans le monde entier, a reçu en 2004 la récompense littéraire la plus prestigieuse de son pays, le prix P. C. Hooft. En France, toute son oeuvre romanesque est aujourd'hui publiée chez Actes Sud.
Le magnétisme de ce livre tient à son apparente légèreté, à la transparence de son écriture, aux pistes qui devraient mener au «rêvement» et s'achèvent sur un jeu de piste...
Entre un tableau de Paul Klee et la poésie de Milton, le Néerlandais Cees Nooteboom n'en finit pas de chercher le «temps du rêve» sur la pointe des pieds ou d'un battement d'aile.
[...] Dans ses romans, Cees Nooteboom - c'est son charme - s'évertue à ce que rien ne pèse. Et surtout pas son style, aérien et gracieux. Pourtant, si l'on y regarde de près, il y plane partout le spectre de la mort - ou l'idée d'immortalité, ce qui revient au même. D'une façon qui ne devrait pas effrayer car toujours ancrée dans l'ironie et l'autodérision.
[...] Perdu le Paradis n'échappe pas à cette fascination. Clin d'oeil à John Milton, le livre, qui mène le lecteur d'Australie à la Mitteleuropa, raconte une forme particulière de deuil, la perte de l'innocence. Innocence de la culture aborigène, ce monde où "les ancêtres ont laissé leurs traces sous la forme de pierres (...) et de formation rocheuses qui permettaient aux générations suivantes de (...) remonter le cours de leur propre histoire". Innocence de l'héroïne qui apparaît à l'écrivain sous la forme d'un ange en Australie, avant de le retrouver, bien plus tard et par hasard, dans "le bourdonnement de l'Europe centrale". Innocence des amours impossibles car irrémédiablement fondées sur le malentendu...
Monde d'esprits, mondes enchantés, mondes du "rêvement", comme il les appelle : il passe dans ce roman toutes les passions de Cees Nooteboom, les grands mythes grecs, Zurbaran et Giotto, et la musique qu'il aime tant - depuis Bach jusqu'à Chostakovitch ou au Hongrois György Kurtag. "Vous ne connaissez pas Kurtag ? Je l'ai découvert il y a peu. Méditatif, intimiste. Magnifique. Je ne peux plus m'en passer désormais pour travailler..." De la pierre à la plume, il y passe aussi beaucoup d'anges, ces puissances métaphysiques - érotiques même - qui le troublent tant parce qu'elles nous "ravissent" à la scène terrestre [...]
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