Auteur : Arthur Conan Doyle
Traducteur : Eric Wittersheim
Date de saisie : 13/09/2006
Genre : Policiers
Editeur : Omnibus, Paris, France
Collection : Omnibus
Prix : 23.50 € / 154.15 F
ISBN : 978-2-258-06794-3
GENCOD : 9782258067943
Il vit à Londres, au 221B Baker Street, à la fin du dix-neuvième siècle. Il a des idées un peu bizarres... Il se passionne pour certaines branches de la science. Il est assez calé en anatomie, est un chimiste de premier ordre qui, malgré des études très décousues et excentriques, a amassé un tas de connaissances peu ordinaires. Il n'est pas aisé de le faire parier, bien qu'il puisse être assez expansif quand l'envie lui en prend. Il joue du violon. Il a un métier : dénouer des énigmes étranges auxquelles il est le seul à pouvoir apporter une solution. Il a un défaut : il affectionne les drogues. Il a un ami : le docteur Watson, témoin et narrateur de ses aventures. Son créateur, Arthur Conan Doyle, a inventé le récit policier moderne. Il s'appelle Sherlock Holmes.
Ils ont dominé l'avant-guerre et l'Europe de toute leur envergure. Tandis qu'à Vienne le professeur Sigmund Freud (1856-1939) déchiffrait les hiéroglyphes de l'inconscient, sir Arthur Conan Doyle (1859-1930) inventait Sherlock Holmes, le détective au cerveau de logicien infaillible. Ils furent, d'abord, médecins. Le jeune Doyle est étudiant à Edimbourg avec le célèbre professeur d'anatomie, Joseph Bell. Pas un symptôme n'échappe au regard clinique du maître, pas un corps souffrant qui ne livre ses secrets. C'est le triomphe de la méthode clinique à laquelle Freud se forme également. Il suit les cours du grand von Brücke, à Vienne, et de l'illustre Charcot, à Paris. Le jeune Arthur Conan Doyle ne tarde pas à fermer son cabinet d'ophtalmologiste. La loupe de Sherlock vient de là, n'en doutons pas.
Montpellier, le 31 mars 1894
Mon très cher Watson,
J'ai confié cette lettre à mon frère Mycroft, le seul à savoir que je suis toujours en vie. Si vous la lisez, c'est que je serai finalement bel et bien mort, et que mes derniers ennemis encore en liberté auront fini par m'atteindre. Je n'ai pas le temps de vous expliquer pourquoi j'ai dû laisser le monde croire à ma disparition, même à vous, mon cher et fidèle compagnon. Nous en aurons bien le temps si je parviens à neutraliser le plus dangereux d'entre eux, ainsi que de récents développements me permettent de l'espérer. Nous pourrons alors reprendre le fil interrompu de notre fructueuse collaboration.
Dans le cas contraire, Mycroft remettra à cette brave Mme Hudson, notre logeuse, une petite malle en fer qui contient tous les documents, carnets et notes que j'ai accumulés au cours de ces trois années sabbatiques. Un certain nombre d'informations sont d'une importance capitale pour l'avenir de notre vaste empire, et peut-être même pour celui de notre civilisation tout entière. Vous vous chargerez, avec mon frère, de les communiquer aux différents services concernés. Je vous recommande à ce sujet la plus grande prudence et le secret absolu, étant donné la gravité des problèmes politiques qui se trament actuellement.
Mon cher ami, l'Europe est sans doute à l'aube de bouleversements majeurs.
Les dirigeants de notre vieux monde s'inquiètent de ses transformations trop rapides, et s'accrochent à des traditions qui n'ont plus guère de sens dans notre ère industrielle et moderne. Rassurez-vous, je ne suis pas devenu un philosophe pontifiant, mais je me suis beaucoup intéressé aux sciences humaines ces derniers temps. Vous vous souvenez des petits articles que j'avais fait paraître sous un pseudonyme dans quelques revues américaines ? Ils m'ont valu d'être invité l'an dernier par M. Robert Park, le directeur du tout nouveau département de sociologie de l'Université de Chicago. (...)
Fidèlement vôtre,
Sherlock Holmes
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