Auteur : Yasmina Khadra
Date de saisie : 12/10/2006
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Julliard, Paris, France
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 978-2-260-01712-7
GENCOD : 9782260017127
" Le coup parti, le sort en fut jeté. Mon père tomba à la renverse, son misérable tricot sur la figure, le ventre décharné, fripé, grisâtre comme celui d'un poisson crevé... et je vis, tandis que l'honneur de la famille se répandait par terre, je vis ce qu'il ne me fallait surtout pas voir, ce qu'un fils digne, respectable, ce qu'un Bédouin authentique ne doit jamais voir - cette chose ramollie, repoussante, avilissante, ce territoire interdit, tu, sacrilège: le pénis de mon père... Le bout du rouleau ! Après cela, il n'y a rien, un vide infini, une chute interminable, le néant... " Connu et salué dans le monde entier, Yasmina Khadra explore inlassablement l'histoire contemporaine en militant pour le triomphe de l'humanisme. Après Les Hirondelles de Kaboul (Afghanistan) et L'Attentat (Israël; Prix des libraires 2006), Les Sirènes de Bagdad (Irak) est le troisième volet de la trilogie que l'auteur consacre au dialogue de sourds opposant l'Orient et l'Occident. Ce roman situe clairement l'origine de ce malentendu dans les mentalités.
Yasmina Khadra est traduit dans vingt-deux pays. Son roman L'Attentat sera adapté aux Etats-Unis par Focas Features, producteurs, entre autres filins, du Secret de Brokeback Mountain (huit nominations aux Oscars 2006).
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Ce n'est pas un rôle sans danger. Yasmina Khadra continue à jouer les éclaireurs dans les relations houleuses entre Orient et Occident, sans craindre de mettre la littérature au service d'un message humaniste. L'écrivain d'origine algérienne sème inlassablement ses petits cailloux blancs pour que le chemin du dialogue ne disparaisse pas complètement de l'horizon...
On en apprend un peu plus sur le peuple irakien. Mais de l'Orient, le raffinement poétique n'est évoqué que de manière très littérale par la bouche des personnages, sans animer le texte. Reste une fable louable, mais qui ne parvient pas à échapper complètement au kitsch de ses images faciles.
«Les Sirènes de Bagdad» n'est pas seulement le récit d'une montée de haine bien compréhensible contre l'occupant américain. C'est bien davantage le roman des antagonismes qui divisent chaque camp, partagé entre un désir de guerre et un désir de paix ; entre un souci de réduire la «fracture imaginaire» entre l'Orient et l'Occident ou au contraire de la creuser toujours davantage. Contre un manichéisme simpliste, Yasmina Khadra a pris le parti de la complexité historique et de la nuance psychologique. C'est dire que ce talentueux romancier politique est aussi un grand humaniste.
Comment un jeune Bédouin se transforme en fanatique. Un livre magistral.
«Impossible de nettoyer les écuries d'Augias; on ne peut que peindre à fresque avec leur purin», disait à peu près Francis Ponge. C'est ce que fait magistralement Yasmina Khadra dans Les sirènes de Bagdad, son nouveau roman. Sous un soleil de plomb, un ciel lourd, parmi la poussière, dans la rue, le jour, la nuit, sous les étoiles, au bord du fleuve, sur les routes, dans les hôtels, les boutiques, ça se dispute, se menace, se venge, se massacre. «Tout le monde figure dans le collimateur.» Mais pourquoi donc ? «Pour la Cause.» Hôpitaux, commissariats, mosquées, autobus, tout saute «pour la Cause». Les lois semblent avoir volé en éclats comme déjà les vitres de ces immeubles chargés de faire croire encore à l'existence d'institutions. Ces centres administratifs ne perdent d'ailleurs rien pour attendre; leur tour viendra d'être éventrés par une roquette ou soufflés par l'explosion d'une voiture piégée. La violence du tyran a en effet cédé toute la place à la tyrannie de la violence.
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