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De sabres et de feu

Couverture du livre De sabres et de feu

Auteur : Marc Trillard

Date de saisie : 06/11/2006

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : le Cherche Midi, Paris, France

Collection : Romans

Prix : 15.00 € / 98.39 F

ISBN : 978-2-7491-0617-5

GENCOD : 9782749106175

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  • La dédicace de l'auteur

Je me suis intéressé à cette population particulière des tziganes, des gens du voyage, tout simplement, parce que je ne les connaissais pas ou que je les connaissais très mal. Leur image véhiculait, pour moi, une aura, sinon de mystères, du moins de choses cachées, de traditions, de coutumes, de rites obscurs, souterrains qu'ils cachent généralement à notre société, la société d'accueil comme ils disent de nous. Je suis rentré dans leurs caravanes, dans leur camp. J'ai tâché de lier conversation avec eux, de leur faire savoir que je n'étais pas un ennemi ou quelqu'un qui souhaitait leur nuire. Et petit à petit, avec le temps et les visites, ces gens se sont un peu ouverts à moi, en tout cas suffisamment pour que j'aie assez de matériel, assez d'histoires, assez de renseignements parfois un peu «techniques» pour pouvoir asseoir mon histoire dans ce camping, ce campement, aux portes de Toulouse. Je donne rendez-vous aux lecteurs de ce livre, peut-être au détour d'une librairie, un de ces prochains jours.

(Propos recueillis par téléphone)



  • La présentation de l'éditeur

En même temps que le vieil Enrique, fameux maquignon ayant marqué son époque, c'est tout un monde qui s'éteint sur ce parking du Sud de la France: celui des tziganes. Relégués dans ce camp à l'écart de la ville, ils sont une cinquantaine de familles qui attendent la dernière heure de leur doyen. Débarquant de toute l'Europe à bord de leurs caravanes et de leurs camping-cars, les innombrables membres du clan dispersé les rejoignent au fil des jours pour un ultime hommage au patriarche. Parmi eux, Agustin, mi-fakir, mi-chaman, et sa fille, Antucha, qui vont profondément bouleverser la vision que Bartolomé, le gardien du camp, se fait du monde. Mais cette soudaine concentration de voyageurs va bientôt réveiller, autour du camp, l'hostilité et le racisme latents. Entre des cultures et des modes de vie si différents, le conflit paraît inévitable. Dans ce livre d'une grande puissance romanesque, Marc Trillard (prix Interallié 1994) continue son exploration du monde des hommes en marge et autres insoumis magnifiques. Écrivain rare, exigeant, il fait avec De sabres et de feu son grand retour au roman.



Marc Trillard est un écrivain bourlingueur, fasciné par l'ailleurs, l'autre. Journaliste, directeur du semestriel Le Journal des lointains, il est l'auteur, depuis 1988, de huit livres, récits de voyage et romans, dont Eldorado 51, prix Interallié 1994, et Coup de lame, prix Louis-Guilloux 1998. Écrivain rare, exigeant, considéré comme l'un des plus doués de sa génération, De sabres et de feu marque son grand retour au roman.





  • La revue de presse Claire Julliard - Le Nouvel Observateur du 2 novembre 2006

La force de son récit tient dans sa part de réalité. Les univers qu'il décrit, il les a découverts à l'occasion de reportages...
Son style incisif, dépouillé le garde cependant de tomber dans un lyrisme nostalgique. C'est un naturaliste, un témoin. Il y puise dans l'expérience sa vision d'une nature humaine férocement animale et ajoute une touche de surnaturel qui est sa marque personnelle. La dernière scène du livre unit ainsi hommes et chevaux dans une saisissante fantasmagorie. Un superbe mémorial gitan.



  • Le message de l'auteur

Marc Trillard - 08/09/2006



  • Les premières lignes

32e semaine

Le camp brûle sous le soleil presque à son zénith. Il n'est pas encore 11 heures mais la chaleur écrase déjà tout ce qu'elle peut sous son poids. Gens, choses, bêtes. Aujourd'hui plus chaud qu'hier et moins que demain, si cela se peut encore. C'est un mois d'août comme on n'en a pas connu depuis des années et des décennies. Il faut, paraît-il, remonter jusqu'au milieu du siècle dernier pour retrouver de telles poussées de mercure. Tout le monde souffre dans tout le pays, du nord au sud et d'est en ouest, en montagne comme en plaine, partout sur le territoire sans exception, et les jours qui viennent, nous dit-on, ne s'annoncent guère plus cléments. La canicule est sur la douce France pour y rester.
Il fait ici plus chaud qu'ailleurs, sans doute. Bartolomé remonte le camp sur son aile droite avant de le redescendre sur son flanc gauche, selon le routinier parcours de ses tournées. Une fois par jour au moins : savoir ce qui se passe sur le terrain de sa responsabilité, s'enquérir des problèmes s'il y en a, mais il n'en manque jamais. Lui, Bartolomé Gavard, connu ici sous le diminutif de Bart, ou Barto. Agent communal en charge de l'aire d'accueil des tziganes de Ginestous, prononcez «Ginestousss», dans la périphérie toulousaine nord.
Parfois il inverse le sens de sa tournée et commence par la fin, emplacement 50 et decres­cendo. Bonjour Pèpo, ça va ? Ho, Barto, salut, on cuit dans son jus, hein, qu'est-ce que tu veux.


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