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Les ambassadeurs

Couverture du livre Les ambassadeurs

Auteur : Jean-Marc Cerino | Jean-Luc Nancy

Date de saisie : 23/03/2007

Genre : Art - Peinture

Editeur : les Cahiers intempestifs, Saint-Etienne, France

Collection : Passages

Prix : 23.00 € / 150.87 F

ISBN : 978-2-911698-10-1

GENCOD : 9782911698101

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Les emblèmes du passant sont la silhouette ou le visage entrevus et disparus, entrevus en train de disparaître, le temps de n'être pas ou d'être à peine objet d'une conscience ou d'un désir. Un corps, une âme, une peau, son vêtement qui m'auront effleuré le temps d'être emportés dans un écoulement de foule ou au coin d'une rue. Le trouble est parfois grand, car sans avoir pu fixer des traits, on a pensé toucher un attrait ou un sens : ce sont ceux d'une promesse plutôt que ceux d'une présence.

Passage Jean-Luc Nancy





  • Les premières lignes

Esse, est percipi
Jean-Claude Conésa

Effacer

La peinture de Jean-Marc Cerino semble calée entre deux autorités picturales, entre deux figures noire et blanche.
D'un côté, le blanc à l'oeuvre chez
Malévitch, de l'autre, les peintures noires de Ad Reinhardt. Le premier versant de la révolution esthétique, /e Carré blanc de Malévitch, s'affiche comme la puissance de n'être pas. L'oeuvre magistrale de Malévitch n'est pas un fait de la représentation, c'est l'essence de la représenta­tion. Le Carré blanc ne fait pas le représenté, il est la possibilité ouverte de ne pas être. L'autre versant, les Black Paintings, de Ad Reinhardt s'apparente à des sortes de régulateurs de la représentation humaine, par négation, par soustraction. Convaincu du caractère intenable de l'art. Ad Reinhardt ne pouvait se laisser déborder par l'exubérance de la couleur ou de la forme, de sorte que sa conception éthique et formelle a pris sa source dans une restriction volontaire de tout artefact face aux déborde­ments jubilatoires et consuméristes d'une petite bourgeoisie planétaire. Le «blanc» comme le «noir» consistent aussi, au-delà des motivations historiques et des problèmes éthiques et esthétiques qui les ont faits naître, en une réorganisation du rapport entre l'oeuvre produite et son spectateur.
La démarche picturale de Jean-Marc Cerino ne se heurte pas seulement à la question de la naissance de l'image, ni à celle de sa dis­parition, ni à la nécessité d'une prise de position historique à l'égard de la valeur du blanc dans la peinture, mais engage une méditation mêlée sur tout cela avec de surcroît une interrogation sur les seuils acceptables de la figuration et de l'abstraction, qui rejette toute vision antino­mique de ces deux modes de représentation.


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