Auteur : Laurent Maréchaux
Date de saisie : 20/07/2007
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Dilettante, Paris, France
Prix : 16.00 € / 104.95 F
ISBN : 978-2-84263-127-7
GENCOD : 9782842631277
Joseph Conrad a-t-il rencontré un soir d'Avril 1875 Arthur Rimbaud à Marseille, Victor Combault - autre personnage-clé du fils du Dragon - a-t-il aidé, un an plus tard, le poète ardennais à déserter à Java l'armée hollandaise, son fils Rodolphe a-t-il partagé, quinze ans plus tard, la chambre d'hôpital de l'auteur d'une saison en enfer ? Peu importe la vérité, seule compte la part d'imaginaire qui rend vraisemblable ce récit-hommage aux écrivains de mon adolescence, en espérant seulement que ce livre anachronique vous rappelle les récits d'aventure ayant bercé votre jeunesse."
Laurent Maréchaux.
Fin XIXe siècle, un adolescent rêveur veut retrouver les traces d'un père fantasque parti, quelques semaines avant sa naissance, courir les océans.
Un navigateur écrivain, Joseph Conrad, veut revoir un aventurier poète, Arthur Rimbaud, aperçu un soir d'ivresse dans un café marseillais. Leurs routes se croisent entre Méditerranée et Caraïbes, cap Horn et mers du Sud, Java et Singapour, la vie les éloigne, le destin les rapproche.
Laurent Maréchaux est né sous le signe du Dragon. Il ne possède toujours pas de télévision, de téléphone portable, ni de four à micro-ondes et n'est pas inscrit sur Meetic.
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La lettre arriva à Nantes le 13 mai 1886, en fin d'après-midi. C'était un jeudi. Louise revenait des vêpres. Le pli avait été glissé sous sa porte par une main bienveillante. Longtemps oublié sur le bureau d'un commis maritime, il avait traîné plusieurs mois à Semarang avant d'être confié au bosco d'un navire marchand français en partance pour l'estuaire de la Loire.
L'écriture la surprit. Une calligraphie tremblée et enfantine, pas celle de son homme. Onze ans qu'elle était sans nouvelles de son mari, le capitaine de trois-mâts goélette, Victor Combault dit «le Dragon». Hésitantes, ses mains diaphanes tournaient et retournaient l'étrange missive, craignant le pire. Son coeur fatigué par des années d'angoisse et de souffrance cognait sans ménagement contre sa poitrine desséchée par le manque de caresses. Elle attendit que la maisonnée retrouve son calme vespéral pour l'ouvrir. Tremblants, ses doigts s'y reprirent à deux fois avant de briser le cachet de cire. Après tant d'années de solitude et d'abandon, son intuition lui disait d'en rester là. Elle respirait avec difficulté. La curiosité l'emporta. Elle déplia la feuille d'un papier blanc flavescent. L'encre bleu violine avait bavé, rendant sa lecture difficile. Les phrases s'enchaînaient, phonétiques et maladroites.
Madam,
Je un triste maleur a vous anoncer. Notre bien aimé capitaine Dragon nous a quitté pour toujour. Il a rejoint au ciel le vol des oiseaux et la course des nuages. Les larmes
coulent sur tous les visages et notre chagrin est sans fin. Nous prion pour vous et pour lui car nous savon que nous nous retrouveron un jour, ici ou là-bas.
La signature était illisible. Elle poussa un hurlement. Ses yeux se brouillèrent, elle perdit connaissance.
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