Auteur : Jean-Pierre Leclerc
Date de saisie : 14/09/2006
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Presses de la Cité, Paris, France
Collection : Terres de France
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 978-2-258-06882-7
GENCOD : 9782258068827
«Ma mère, songea-t-il. La lourde chaleur aidant, il ferma les yeux. De petites larmes perlèrent à l'orée de ses paupières. Maman, balbutia-t-il.»
Dans un village des Combrailles en 1907. Julien, onze ans, est employé chez les Touret, des fermiers peu scrupuleux. Son quotidien, fait de labeur et de punitions, est pénible. Plus que tout, l'enfant souffre de l'absence de sa mère, Marie, qu'il n'a jamais connue. Seul Louis, le vieux valet de ferme, comprend sa douleur.
A l'approche du printemps, tous deux vont braver le froid, la faim, la fatigue dans l'espoir de retrouver Marie. Mais la jeune femme vit dans un hospice et n'est plus tout à fait de ce monde...
Malgré tout, Julien poursuit son rêve, celui de vivre auprès d'elle. Pour cela, il va tenter l'impossible.
Des mots profonds, une authenticité et une sensibilité rares pour évoquer l'enfance, ses illusions et ses souffrances au coeur d'une Auvergne à la nature généreuse et, ici, omniprésente.
Né à Clermont-Ferrand, Jean-Pierre Leclerc vit aujourd'hui à Paris, se.partageant entre - sa passion de l'écriture et la comédie. Il a publié plusieurs: ouvrages, parmi lesquels D'un hiver à l'autre (prix LucienGachon, 1999) et, aux Presses de la Cité, Les Années de pierre (2001), La Rouge Batelière (2003), L'Eau et les jours, Les Sentinelles du printemps, (2004) et Un amour naguère (2005).
Le vent se leva, aussitôt l'eau étale de l'étang prit l'allure d'une peau flétrie; joncs et roseaux en bordure, couchés sous l'effet de la gifle, se débattirent comme s'ils avaient craint de se noyer. Un temps semblable se répétait depuis une semaine : un vent froid se mêlait à la lutte incessante que se livraient le soleil et la pluie. Les nuits se poudraient d'étoiles, la température fléchissait, un air glacé s'immisçait par les portes disjointes. Julien, recroquevillé, remontait plusieurs brassées de paille sur ses jambes.
Septembre se fondait dans l'automne naissant.
1907. La ferme des Touret, la Coudray, haussait ses murs aux confins du département du Puy-de-Dôme, dans le giron de Saint-Avit, village des Combrailles d'une centaine d'âmes. Elle n'avait rien de ces riches exploitations aux greniers gorgés de grains, aux étables pleines de bêtes belles et grasses rencontrées dans les plaines ; la salle commune était en tout point conforme à celles des autres fermes bâties à l'identique : un plafond bas, soutenu par d'épaisses solives; deux ou trois lits-alcôves; un âtre large et profond, où les vieux, sur un coffre, dans lequel séchait le sel, tiédissaient jusqu'à leur mort; de gracieux petits rideaux de cotonnade achevés de franges dentelées - une finesse cependant qui ne correspondait pas au caractère atrabilaire de la maîtresse des lieux - pendaient aux fenêtres. Venaient ensuite l'horloge, la maie, la pierre à évier, la table, les chaises, le vaisselier, pour le mobilier principal. Ici, point de dalles au sol, mais une terre battue, couverte à certains endroits de nattes de chanvre.
Julien Lussac avait onze ans, les yeux couleur châtaigne, en permanence brouillés d'un voile de tristesse, des cheveux bruns tirant sur le blond, raides, plantés comme des herbes folles.
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