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Toit sans toi : une maison pour rire

Couverture du livre Toit sans toi : une maison pour rire

Auteur : Daniel Moreau

Date de saisie : 10/08/2006

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Imago, Paris, France

Prix : 16.00 € / 104.95 F

ISBN : 978-2-84952-032-1

GENCOD : 9782849520321

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  • La présentation de l'éditeur

Contre toute attente, Patricia m'attendait. Elle sourit à ma vue, sembla préférer ma compagnie à celle d'un fiancé qui, déjà, faisait les cent pas. En pantalon rayé, redingote et gants gris. En tenant à manifester aux yeux d'une famille consternée son indépendance et son esprit de contradiction, elle prit la décision insensée de m'épouser sur-le-champ.

Au fond de moi-même, je n'en demandais pas tant et réalisai bientôt l'énormité de l'aventure lorsque, au retour, à quinze mille pieds au-dessus de la Manche, ma gracieuse moitié (et que ma moitié fut gracieuse, quelle nouveauté !), posant sa main sur la mienne, me demanda tendrement et en toute simplicité:

- Alors, darling, où allons-nous habiter ?

Daniel Moreau a collaboré à Time-Life International et a dirigé une collection d'ouvrages de voyage. Il a publié plusieurs romans aux Éditions Imago.





  • Les premières lignes

Le gouvernement se tait ? Tant pis. Les syndicats aussi ? Parfait. Que personne ne parle d'un secret qui n'en est pas un, d'accord, mais le feu couve sous la cendre et patrons et employés sont à couteaux tirés. Non, il ne s'agit pas pour les uns de participer aux bénéfices des autres, ni de réclamer la semaine de dix heures quand il fait beau, étant bien entendu que s'il pleut chacun reste chez soi. Mais des patrons d'un autre âge s'obstinent encore à exiger la présence de leurs employés, tout en sachant très bien que, de nos jours, il est impossible d'accéder à son bureau à des heures raisonnables, c'est-à-dire entre le lever et le coucher du soleil. Voilà le drame. Pour moi, en tout cas.

Et le fait que mon patron soit américain n'y change absolument rien. Cet homme d'un mètre quatre-vingt-quinze, qui mange comme quatre et boit comme dix, ne comprend ni le français ni mes arguments exprimés avec force et passion dans une langue qui n'est pas la mienne, c'est un fait, mais qui n'est pas la sienne non plus, et c'est plus grave. Il veut me voir, je lui manque, paraît-il, et il insiste pour que je sois à pied d'oeuvre tous les matins à neuf heures trente, pour la tasse de café traditionnelle qu'on nous apporte pendant le dépouillement du courrier. C'est un monde !


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