Auteur : Jean-Yves Leloup
Date de saisie : 10/08/2006
Genre : Religion, Spiritualité
Editeur : Albin Michel, Paris, France
Prix : 17.00 € / 111.51 F
ISBN : 978-2-226-17239-6
GENCOD : 9782226172396
Qui est Judas l'Iscariote ? Un Zélote, un homme «rempli de zèle» pour la maison de Dieu, et qui voudrait voir le royaume de Dieu enfin s'établir sur la Terre promise ? Un homme qui se sent trahi par Jésus dans ses espérances politiques ?
À la lumière des Évangiles, des textes apocryphes, et notamment d'un codex copte qui serait l'évangile de Judas, Jean-Yves Leloup, philosophe et théologien, retrace l'itinéraire passionnant de cet homme désespéré, depuis les élans de sa conversion jusqu'aux événements qui le conduiront à son forfait.
Jésus et Judas ne sont-ils pas les deux faces d'une unique Révélation ? Avec le personnage de Judas, c'est la question du mal, du «mal en personne» et du pourquoi de son existence qui se pose. N'est-il pas là comme une «ombre» qui mettrait davantage en relief «la lumière du Très Beau» ?
Au-delà des faits historiques, l'auteur d'Une femme innombrable : le roman de Marie-Madeleine décrit le cruel dilemme auquel chaque homme est confronté lorsqu'il lui faut choisir entre les exigences de la réalité et les élans de son coeur.
Judas avait huit ans. Pour la première fois, des enfants lui jetèrent des pierres. L'un d'eux criait : «Pourquoi es-tu si laid, Judas, si mauvais ? Est-ce de ta faute ou de la faute de tes parents ?» Judas prit la fuite, moins pour éviter les pierres que pour cacher ses larmes.
Qui donc l'avait mis au monde ainsi, et pourquoi, pour quel dessein obscur fallait-il qu'il soit si laid, si violent déjà, et surtout si malheureux ?
Plutôt que de s'accuser lui-même et de se remémorer un passé ancestral qui lui échappait, puisqu'il fallait un coupable, Judas préférait accuser ses parents et, sur ce sujet, aucune personne pieuse ne l'aurait contredit.
Sa famille inspirait à tous le dégoût. Elle était proche d'Hérode, le roi sanguinaire qui venait juste de mourir, le complice de l'occupant romain. On disait de lui qu'il s'était «glissé sur le trône comme un renard», qu'il avait «gouverné comme un tigre» et qu'il était «mort comme un chien».
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