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Le noir et le bleu : Paul Cézanne

Couverture du livre Le noir et le bleu : Paul Cézanne

Auteur : Hubert Lucot

Date de saisie : 09/08/2006

Genre : Essais littéraires

Editeur : Argol éditions, Paris, France | Réunion des musées nationaux, Paris, France

Collection : Entre-deux

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 978-2-915978-10-0

GENCOD : 9782915978100

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

" Cézanne contredisait mes vingt ans, contredisait l'essence du tableau qui veillait à mon chevet au-dessus de mon épaule malade. Cette oeuvre opposait sur fond blanc la montagne verticale et la plaine ou des + et des -, verts et oranges, des bémols et des bécarres, des dièses et des becquets affrontaient la platitude du monde, relevaient celui-ci, lui donnaient un sens. " H.L. Réflexion ouverte sur l'art, sur la création, sur le traitement du réel, sur la recherche, ce Cézanne par Lucot est un " roman d'aventure " libéré de toutes conventions.

Hubert Lucot est né en 1935 à Paris. Il est l'auteur de nombreux livres, qui mêlent le roman, le poème, l'essai, le journal intime. Citons les deux derniers, publiés par POL : Opérateur le néant (2005), Le Centre de la France (2006).





  • Les premières lignes

Préface de Françoise Cachin, Ancienne directrice des Musées de France :

En cette année 2006 où le centième anniversaire de la mort de Cézanne est célébré par de grandes expositions, de nombreux colloques et publications, il n'est pas vain de réaffirmer l'importance de celui en qui Picasso voyait le «père» de la peinture du XXe siècle. Pourtant, il serait très réducteur de n'en faire qu'un précurseur, sans rendre hommage à son génie propre, qui renouvelle, sans rompre avec elle, la tradition de la peinture occidentale. Au-delà des indispensables recherches conduites par les historiens d'art, on éprouve avec Cézanne le besoin d'une véritable réflexion esthétique et philosophique, à laquelle invitent d'ailleurs les propos qu'il tint à la fin de sa vie à Joachim Gasquet, ou, par lettres, à Émile Bernard. On a besoin aussi de mieux comprendre sa personnalité profonde, cachée derrière son masque d'homme bourru et inquiet.

C'est à tout cela qu'avait su répondre l'essai du philosophe Maurice Merleau-Ponty en 1948, très opportunément réédité aujourd'hui par la Réunion des musées nationaux. Car, contrairement à beaucoup d'écrivains et de philosophes qui écrivent sur l'art, Merleau-Ponty sait, lui, regarder vraiment la peinture; et, à l'opposé de nombreux historiens d'art, il parvient, avec empathie et lucidité, à comprendre l'homme qu'était Cézanne. Il n'est d'ailleurs pas surprenant que l'un des principaux introducteurs de la phénoménologie en France se soit intéressé à l'artiste, quand on peut lire ici que Cézanne, après l'impressionnisme, «a voulu revenir à l'objet», comme un écho de la pensée de Husserl qui prônait le «retour aux choses mêmes». D'où l'intérêt de ce texte, qui, plus d'un demi-siècle après sa parution, conserve toute sa pertinence et reste l'un des meilleurs et trop rares exemples de ce que la philosophie peut apporter à la connaissance des oeuvres d'art.


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