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La nymphe et le sous-commandant

Couverture du livre La nymphe et le sous-commandant

Auteur : Jaime Avilés

Traducteur : René Solis

Date de saisie : 07/08/2006

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Métailié, Paris, France

Collection : Bibliothèque hispano-américaine

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-2-86424-589-6

GENCOD : 9782864245896

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Serapio Bedoya a quarante ans et beaucoup d'illusions en berne: histoires d'amour chaotiques, manque d'argent chronique, aspirations littéraires déçues. Journaliste blasé, il écrit des sketchs de café-théâtre alors qu'il rêve d'être un nouveau James Joyce. A ses propres yeux, Serapio n'est plus qu"une cartouche brûlée". Une nuit, sur une plage du Yucatân, il rêve qu'il rencontrera enfin la femme de sa vie. De retour à Mexico, il tombe en effet, pour son malheur, éperdument amoureux de la très jeune Nausicaa, "la plus belle que jamais contemplèrent les yeux des mortels". Commence alors un long voyage qui le mènera aux quatre coins du Mexique, et d'abord au Chiapas où il est le témoin des tout premiers jours du soulèvement zapatiste. Il suivra jusqu'au coeur de la jungle le sous-commandant Marcos et son étrange armée d'Indiens Mayas qui se rebellent contre 500 ans d'exploitation et d'injustice, tout en continuant la quête de son impossible amour, en un va-et-vient à la fois cocasse et pathétique.

Ironique, amer et tendre, Jaime Avilés nous raconte l'histoire d'un homme à la poursuite des deux aspirations fondamentales de sa vie: l'amour et la liberté.

Jaime Avilés, chroniqueur au quotidien La Jornada, est l'une des signatures les plus connues du Mexique où depuis 25 ans il enquête sur des sujets brûlants. Il a suivi depuis leur début les luttes du mouvement zapatiste et a souvent côtoyé le sous-commandant Marcos et ses hommes.





  • Les premières lignes

Parce que l'apparition soudaine fut comme un coup de sabre, un infarctus ou une thrombose, parce qu'un instant auparavant il se sentait en bonne santé et qu'il flottait à présent en pleine démence, parce que les yeux étaient verts comme la pulpe du kiwi, qu'ils se teintaient d'ambre au soleil et de miel à l'ombre, parce qu'elle avait une tresse dorée accrochée dans son dos comme un animal vivant, parce qu'elle était celle-là même qu'Ulysse avait vue après son naufrage, parce que ses épaules étaient rondes et nues, mais par-dessus tout parce qu'il ne put s'en empêcher, Serapio Bedoya se mit debout et se dirigea droit vers les cuisines, convaincu que l'heure de vérité avait sonné, saisi par le besoin impérieux de lui demander qui elle était, qui l'envoyait, où étaient ses parents et sa maison, où était amarré le vaisseau qui l'avait menée jusque-là. Nausicaa allait et venait, souriant pareillement à tous les clients, et c'est alors seulement que Serapio comprit le sens de la chanson de Bob Dylan qu'il avait si souvent écoutée à Tulum. Parce que trois jours avant de tomber sur elle, il avait été réveillé dans sa tanière de San Pedro de Los Pinos par une folle démangeaison de la plante des pieds, une inflammation brutale qui l'avait obligé à s'asseoir sur le lit pour se gratter désespérément, avec une rage rapidement transformée en cri, et au fond de ce cri, assourdi par sa propre voix, il avait aperçu de nouveau la plage, le sable blanc, l'écume brillante comme de l'huile à la lueur de la lune, les tourbillons immobiles d'algues pourries, l'ondulation des palmiers sous la brise.


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