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Puisque rien ne dure

Couverture du livre Puisque rien ne dure

Auteur : Laurence Tardieu

Date de saisie : 06/11/2006

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Stock, Paris, France

Collection : Bleue

Prix : 13.50 € / 88.55 F

ISBN : 978-2-234-05927-6

GENCOD : 9782234059276


  • La dédicace de l'auteur

Vincent, au volant de sa voiture, sur l'autoroute, roule à toute allure vers Geneviève qui est la femme qu'il a aimée autrefois. Vincent et Geneviève se sont séparés il y a quinze ans, à la suite de la disparition jamais élucidée de leur petite fille de 8 ans, Clara. Aujourd'hui, Geneviève est en train de mourir. Elle a écrit une lettre à Vincent, car elle veut le revoir une dernière fois. Puisque rien ne dure est le récit de la douleur contre laquelle, il y a quinze ans, le couple s'est fracassé, et des derniers instants de Geneviève et Vincent ensemble. Ce sont des instants apaisés, réconciliés, des instants où la vie et la lumière l'emportent sur la mort et le désespoir. Le livre se décompose en trois parties : il y a trois mouvements, chacun ayant son propre rythme, sa propre musique. Le mouvement de départ, c'est Vincent qui, alors qu'il roule vers Geneviève, se souvient, tout en ne se souvenant pas, de son passé, de la douleur que Geneviève et lui ont vécue ensemble, ont partagée ensemble. Il sait qu'il roule vers Geneviève et qu'il va devoir affronter son passé. La deuxième partie, c'est le journal intime de Geneviève, écrit quinze ans plus tôt, au moment où Vincent et Geneviève avaient perdu leur enfant, l'attendaient et espéraient encore. C'est le journal de la douleur et de l'espérance. La troisième partie, c'est Vincent et Geneviève qui se retrouvent aujourd'hui, quinze ans plus tard, donc quinze ans après la disparition de la petite Clara. Enfin, la parole est laissée à Vincent et à Geneviève, et c'est cette parole laissée aux deux personnages qui permet l'émergence de la petite Clara. Je vous souhaite une belle lecture. Les livres sont des compagnons ; ils sont toujours là. J'espère que ces mots, mes mots vous accompagneront.

(Propos recueillis par téléphone)



  • La présentation de l'éditeur

Vincent roule à vive allure sur l'autoroute. Il va à la rencontre de celle qu'il a aimée, Geneviève, qui se meurt. Sur la route, Vincent repense au passé. À ce qui, quinze ans auparavant, a détruit leur couple. A ce qui les unit au-delà de la mort. Il repense à Clara, leur enfant disparu, à son corps jamais retrouvé, à la douleur jamais éteinte qui a consumé leur amour. Face au drame, Geneviève a choisi la solitude, consignant sa souffrance dans des carnets, comme si l'écriture la maintenait en vie, tandis que Vincent a tenté d'oublier. De prendre la fuite. Mais tous deux partagent pour la vie un malheur inhumain. Lorsque Vincent rejoint Geneviève, c'est une femme rongée de peine et de tristesse, mais aussi une femme qui s'apaise et veut affronter le passé. Dans les derniers gestes, dans les ultimes paroles qui accompagnent la mort, Geneviève et Vincent se retrouvent, et Clara, leur petite fille, revit au fil des souvenirs. Le temps est venu pour Vincent de se réconcilier avec la vie.

Dans un souffle brûlant et avec une bouleversante retenue, Puisque rien ne dure dit la douleur de perdre un enfant. En laissant la parole au père et à la mère, Laurence Tardieu fait entendre la souffrance qui emmure, incompréhensible pour les autres, l'irrémédiable cassure du couple, la façon dont chacun supporte le malheur. Dans ce texte poignant, la vie et la mort sont indissociables, comme l'ombre et la lumière.

Laurence Tardieu est née en 1972 à Marseille. Elle a publié deux romans : Comme un père (2002) et Le Jugement de Léa (prix du roman des libraires Leclerc 2004), parus chez Arléa. Elle est également comédienne.



  • La revue de presse Marianne Payot - L'Express du 7 septembre 2006

Un homme, une femme, un enfant. Laurence Tardieu, auteur de 34 ans aussi discrète que talentueuse, n'a pas besoin de plus de personnages pour créer un univers. Léger en pages, mais lourd en émotions.
[...] Allers-retours dans le temps, alternance du «je»: bien que classiques, les procédés de narration de l'auteur participent de l'empathie immédiate que le lecteur ressent pour ses protagonistes. Rarement on aura décrit avec autant de finesse et d'intelligence l'inéluctable désagrégation d'un couple face à la perte d'un enfant.


  • La revue de presse Christine Rousseau - Le Monde du 8 septembre 2006

Est-ce parce qu'elle est dans cette "phase d'énergie" qui précède l'écriture d'un roman ? ou bien l'accueil chaleureux qu'elle commence à recevoir pour Puisque rien ne dure, livre bouleversant sur l'amour à l'épreuve de la perte ? Ou encore cette conscience aiguë de la précarité des choses et des êtres - l'un des thèmes centraux de son livre - qui l'anime ? Toujours est-il que lorsqu'on découvre Laurence Tardieu, on est frappé par la joie de vivre, la gaieté et la douceur qu'irradie cette jeune femme. Grande, svelte, toute de noir vêtue, c'est dans le patio de sa maison de Bagnolet qu'elle reçoit. Immédiatement, ses yeux pétillent dès qu'on évoque l'écriture, une "grâce", "une respiration", dit-elle, qui lui vient de loin.
[...] C'était il y a quinze ans. Clara, leur fille unique avait 8 ans. Depuis peu, ils la laissaient aller seule à l'école. Jusqu'à ce 22 janvier, où elle n'est pas rentrée. Sous leurs pas, un abîme alors s'est ouvert. "Je suis en train de tomber, la chute n'en finit pas." Pour repousser la peur, la folie qui rôde, pour rompre le silence où se terre Vincent, Geneviève trouve refuge dans l'écriture. Dans la chambre de la fillette, chaque soir ou presque, c'est là, chancelante, brisée, qu'elle note : l'attente, l'impuissance, l'absence qui les ronge à mesure que l'espoir s'amenuise, le vide qui se creuse en eux. "Les corps qui se séparent."
A l'heure des retrouvailles, c'est bien une autre nuit, baignée d'une lumière douce, apaisée, qui s'esquisse dans le reflux d'une vie, d'un éblouissement qui s'offre à Vincent. Celui du souvenir de Clara, d'un amour longtemps enfoui. La promesse d'une renaissance.



  • Le message de l'auteur

Laurence Tardieu - 08/09/2006



  • Les premières lignes

Je meurs voilà ce qu'elle m'écrit Vincent je meurs viens me voir viens me revoir une dernière fois que je te voie que je te touche que je t'entende viens me revoir Vincent je meurs. Et au bas de la feuille, en tout petit, presque illisible, son prénom, Geneviève, tracé lui aussi au crayon à papier, comme le reste de la lettre, de la même écriture tremblante, défaillante, si ce n'avait pas été ces mots-là on aurait pu croire à l'écriture d'un enfant, on aurait pu sourire, froisser la feuille, la jeter à la poubelle et l'oublier; mais non, ce n'est pas un enfant, c'est Geneviève qui meurt.

Geneviève. J'essaie de prononcer ton nom. Je le chuchote pour faire cesser le tremblement de mes mains, le tremblement de mon corps. Geneviève. C'est difficile. Depuis que j'ai lu ta lettre, depuis le fracas silencieux de la lecture de...


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