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Café viennois

Couverture du livre Café viennois

Auteur : Michèle Halberstadt

Date de saisie : 09/09/2006

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Albin Michel, Paris, France

Prix : 15.00 € / 98.39 F

ISBN : 978-2-226-17331-7

GENCOD : 9782226173317


  • La présentation de l'éditeur

Quand Clara accepte d'accompagner sa mère Frieda à Vienne, sa ville natale, elle n'en sait que peu de choses car sa mère ne lui a jamais parlé de son enfance. Juive autrichienne, Frieda a dû quitter Vienne en 1938 pour Paris puis Périgueux et la Savoie, fuyant perquisitions et rafles.

Mais ce que découvre Clara c'est une Frieda inconnue, qui reconnaît tout de suite sa ville avec une joie de vivre qui lui fait bien défaut à elle.

Il lui faudra un second séjour à Vienne, seule cette fois, pour s'approprier l'histoire de sa mère et faire la paix avec elle-même.

Un ton juste, musical, attachant, entre mélancolie et sobriété, pour effleurer le poids du passé, l'appartenance qui sans être revendiquée ne peut être tue si on veut assumer le présent et ses épreuves.


Michèle Halberstadt a été pendant 4 ans «la Castafiore» de Radio 7, puis rédactrice en chef du magazine Première. Prends soin de toi (Flammarion, 1991) fut son premier roman puis elle publia le récit du journal tenu au cours du tournage de La Repentie de Laetitia Masson, Adjani aux pieds nus (Calman Lévy 2002).

Michèle Halberstadt est aujourd'hui productrice de cinéma (ARP).





  • La revue de presse Gilles Pudlowski - Le Point du 7 septembre 2006

Deux voyages à Vienne : un avec sa mère, sur les traces de son enfance, l'autre seule, en quête des décors du «Troisième homme».
[...] Vienne baroque et provinciale, «détestable et admirable», est la véritable héroïne de ce récit qui est celui de l'amour d'une fille pour sa mère, l'histoire de cette dernière et, finalement, celle, sobre, nette, émouvante, d'une réconciliation.



  • Les premières lignes

Sa mère l'appelait tous les matins autour de huit heures.

La sonnerie du téléphone déclenchait en Clara un soupir aussi injuste qu'irrépressible. Cette mise en demeure d'entamer une nouvelle journée était étrangement similaire à la façon dont sa mère la réveillait jadis, les jours d'école. La porte ouverte d'un geste si ample qu'elle venait cogner la commode en merisier, le pas pressé pour traverser la pièce en un martèlement de talons qui faisait craquer le parquet, les doubles rideaux en gros tissu sombre tirés en trois coups secs, le débit rapide pour dresser l'emploi du temps avec l'insensibilité que donnent les certitudes : «Habille-toi chaudement, il pleut déjà, dans dix minutes ton chocolat sera froid, n'oublie pas tes affaires de gym...»
Le tout n'incitant qu'à se retourner côté mur en disant : «Je passe, revenez demain.»

Chaque matin, au moment de décrocher, elle se reprochait ce soupir épidermique, fidèle reflet de leur relation : un amour inconditionnel dans l'absolu, qui se traduisait trop souvent, au quotidien, par un dialogue de sourds.

La voix passa de l'anxiété au ravissement:

- Tu ferais ça pour moi ?

- Puisque je te le propose.

- Alors je peux réserver ? Tu verras, ce sera formidable.


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