Auteur : Joukovsky Arkady
Préface : Alain Besançon
Date de saisie : 20/07/2006
Genre : Histoire
Editeur : Dauphin, Paris, France
Prix : 28.00 € / 183.67 F
ISBN : 978-2-7163-1294-3
GENCOD : 9782716312943
Après une longue éclipse au cours de laquelle elle fut occultée par l'Union Soviétique, l'Ukraine apparaît à nouveau aujourd'hui sur le devant de la scène internationale : sa population et sa superficie, sensiblement égales à celles de la France, la qualification de ses hommes, la richesse de ses ressources naturelles, sa situation géographique à l'autre extrémité de l'Europe, tout l'appelle à jouer un rôle déterminant dans le nouveau paysage européen qui se dessine.
Comprendre ce qu'est l'Ukraine implique de connaître son histoire, souvent tragique, mais aussi riche des vertus de son peuple, attaché à sa terre et à sa culture, conscient d'avoir été le berceau de l'ensemble de la civilisation slave.
Étroitement liée à l'élaboration de la première édition, fut Irène Popowycz ; tandis qu'à la présente édition, l'auteur a bénéficié d'aide de O. Koucheruk, M. Maslow, V. Matyeva, I. Stepantchouk, N. Bilas, V. Guley.
Il remercie également l'ambassadeur d'Ukraine en France, S. E. Yuriy Sergevey, ainsi que le personnel de l'Ambassade d'Ukraine pour leur encouragement dans la publication de ce livre.
L'auteur de cet ouvrage, Arkady Joukovsky, né en 1922 à Tchernivtsi (Ukraine), a enseigné l'histoire de l'Ukraine à l'Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO) à Paris (de 1960 à 1987) et à l'Université Ukrainienne Libre de Munich.
Il est l'auteur de monographies sur le métropolite de Kiev Petro Mohyla et sur l'Académie de Kiev (1615-1817).
Par ses multiples travaux, il a contribué à resserrer les liens entre l'Ukraine et la France.
Actuellement, il est le président de la Société Scientifique Chevtchenko (Sarcelles), et membre étranger de l'Académie des Sciences d'Ukraine.
Commander ce livre sur Fnac.com
11 y a peu de choses qui touchent aussi profondément l'historien que l'émergence d'une nation. Quand celle-ci apparaît et s'affirme et qu'on s'interroge sur son passé, le présent nous persuade qu'elle a toujours existé.
Le simple fait que l'Ukraine soit sortie d'une incarcération de plusieurs siècles et réclame sa place au grand jour de la communauté internationale, remodèle complètement la vision que nous avions d'elle: la voici en effet aussi ancienne que la France.
L'histoire que nous avons l'honneur de préfacer n'est pas l'histoire définitive (y en a-t-il jamais une ?) de ce pays. C'est une histoire nationaliste, mais il serait bien peu conforme à ce que nous enseigne l'expérience que d'en espérer, à ce stade de jeune indépendance, une autre. Pour ma part, je nourris quelques doutes sur certaines affirmations.
Je ne suis pas sûr que le rôle historique des Scandinaves dans la naissance de l'Etat kiévien n'aie pas été légèrement amoindri. C'est un trait commun à toute hi, riographie nationaliste de privilégier les autochtones. Après tout l'Etat français lui-même, qui naquit comme une imitation de l'Etat normand, n'a jamais été pressé de reconnaître publiquement sa dette. J'ai peine à croire que la Rous' ait jamais été, comme l'affirme l'auteur, "l'Etat le plus puissant d'Europe". Je continue de tenir pour suspecte l'authenticité du Slovo d'Igor. Je ne peux m'empêcher de reprocher à Bohdan Khmelnytskyi les grands massacres qui surgirent souvent spontanément à mesure que s'étendait son insurrection. L'historiographie polonaise et juive en garde une image horrifiée. Je lui reproche aussi la faute politique capitale de signer avec le tsar le traité de Péréiaslav, signature que le tsar recueillit comme un engagement définitif de l'Ukraine, alors que lui-même refusait simultanément de s'engager et de signer.
Sur tous ces points - et il y en a d'autres - je suis sûr que M. Joukovskv pourrait me répondre, et qu'il le ferait avec plus de science et de compétence que je n'en pourrais montrer. La seule proposition où je demeurerai ferme dans mon propos critique est celle-ci: le martyre de l'Ukraine entre 1917 et 1992 doit être imputé directement au communisme et indirectement seulement au nationalisme russe. L'impérialisme russe a cruellement fait souffrir l'Ukraine, depuis le milieu du XVIIème siècle jusqu'au coup d'Etat bolchevique.
Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli