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Anthologie de la poésie russe pour enfants

Couverture du livre Anthologie de la poésie russe pour enfants

Auteur : Henri Abril

Traducteur : Henri Abril

Date de saisie : 20/07/2006

Genre : Poésie

Editeur : Circé, Belval, France

Collection : Circé poche

Prix : 10.00 € / 65.60 F

ISBN : 978-2-84242-216-5

GENCOD : 9782842422165

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  • La présentation de l'éditeur

Il y a sans doute peu de pays au monde où la poésie spécialement écrite pour les enfants soit aussi populaire qu'en Russie, au point de s'être constituée en genre tout à fait à part depuis le début des années vingt de notre siècle. Si elle a pu servir parfois de refuge à des poètes qui, tels Kharms, Sapguir ou Grigoriev, n avaient pas la possibilité, sous le régime soviétique, de publier leurs oeuvres «pour adultes», cette poésie reflétait cependant les réalités du pays et de l'époque, singulièrement articulées par le jeu obsédant du son et du sens, du rythme, du mètre, de la rime : «Ne crains pas les contes de fées. / Crains plutôt le mensonge. / Un conte ne peut pas tromper : / En plein dans le vrai il nous plonge».

Ce volume réunit dix des poètes les plus représentatifs (Sacha Tchiorny, Korneï Tchoukovski, Samuel Marchak, Daniil Kharms, Boris Zakhoder, Valentin Bérestov, Guenrikh Sapguir, Roman Sef, Younna Monts, Oleg Grigoriev), des poèmes que des millions d'enfants russes, aujourd'hui encore, connaissent par coeur.

Traduction, présentation et choix de Henri Abril.





  • Les premières lignes

Il y a sans doute peu de pays au monde où la poésie spécialement écrite pour les enfants soit aussi populaire qu'en Russie. Au point qu'elle s'est constituée en genre tout à fait à part, avec ses auteurs, ses critiques, ses éditeurs, ses «récitants». Mais il n'en fut pas toujours ainsi, le phénomène peut être exactement daté: les années vingt de notre siècle.

Auparavant, comme sous d'autres latitudes, il y eut la tradition folklorique - berceuses, comptines, chansonnettes, légendes et récits épiques rythmés, devinettes, qui, le plus souvent, s'adressaient indifféremment aux adultes et aux enfants. Le premier abécédaire rimé, établi par Vassili Bourtsev, date de 1634. Mais la prose va durablement l'emporter jusqu'à la fin du XVIIIème siècle (on voit même l'impératrice Catherine II écrire des récits et des contes: «Il était une fois en Russie un tsar, un brave homme qui aimait la vérité...»), la poésie est presque absente du premier périodique destiné aux jeunes Lectures enfantines pour le coeur et la raison (1785-1789).

Un premier tournant s'opère à partir des années trente et quarante du XIXème siècle, lorsque les enfants s'emparent de poésies qui n'avaient pas été délibérément conçues pour eux, notamment les fables d'Ivan Krylov et les contes d'Alexandre Pouchkine', le père de la littérature russe moderne, ainsi que certains poèmes de Vassili Joukovski et Le Petit cheval bossu, un long conte en vers écrit par un étudiant de dix-neuf ans, Piotr Erchov. Dans ces oeuvres le folklore n'était pas loin, avec ses sujets, ses personnages, ses intonations, mais il s'agissait pour la première fois d'une poésie authentique, spontanée, sans archaïsmes ni sensiblerie, qui n'a pas pris une seule ride et dont les enfants russes n'ont aucun mal à retenir par coeur des pans entiers. «Moment unique et magique», dira Anna Akhmatova, «grâce auquel un pont fut jeté entre la poésie et les enfants». Peut-être faut-il y voir une des raisons de l'extraordinaire engouement que la poésie en général n'a depuis cessé de connaître chez les Russes.


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