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Quoi qu'il arrive

Couverture du livre Quoi qu'il arrive

Auteur : Dawid Bienkowski

Traducteur : Olivier Gautreau

Date de saisie : 14/12/2006

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : L. Teper, Paris, France

Prix : 23.00 € / 150.87 F

ISBN : 978-2-916010-10-6

GENCOD : 9782916010106

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

A Varsovie, au début des années 1980, cinq copains vivent leurs années de lycée, sur fond de grèves massives, de signature des accords de Gdansk, puis de proclamation de l'état de guerre par Jaruzelski. Aristo, Karol, Piotr, Ino et Grand Nain découvrent les plaisirs et les peurs de leur âge, à travers l'amour, l'apprentissage de la solidarité, l'engagement politique, la musique. Ils expriment leur révolte ou leurs talents, font l'expérience des premières désillusions. Les adultes, écrasés par l'absurdité du système, leur offrent un modèle décevant qu'ils ne peuvent accepter. La mort de l'un d'entre eux, après la proclamation de l'état de guerre, achèvera de leur voler leur légèreté.

Ecrit avec verve et vigueur, Quoi qu'il arrive est à la fois la chronique intimiste d'une bande d'adolescents et un témoignage décisif sur la société polonaise moderne.


Fils de deux poètes de renom, Dawid Bierikowski est né à Varsovie en 1963. Son premier roman, Quoi qu'il arrive, a été récompensé en Pologne par trois prix littéraires prestigieux, dont le prix Koscielski considéré comme le "Prix Nobel polonais pour jeunes écrivains". Dawid Bienkowski exerce actuellement le métier de psychothérapeute.





  • La revue de presse Claire Devarrieux - Libération du 14 décembre 2006

Les cinq lycéens mis en scène par Dawid Bienkowski dans son premier roman ont 17 ans comme tout le monde. Ils sont d'une vigilance maniaque pour ce qui touche à leur allure, leurs cheveux, leur air de rockers. Ils vivent qui avec sa mère, qui avec son père, ils sont fauchés, ils pensent aux filles, ils pensent au bac qui ouvre sur la vie adulte. Le matin, ils ont peur d'être interrogés au cours de maths. Ils le seront...
Bienkowski, fils de poètes, a eu 17 ans à Varsovie, comme Ino, Aristo et les autres, en 1980, mais ce roman n'est pas son autobiographie. Plutôt celle d'une époque, dont il nous a dit, de passage à Paris, qu'il avait voulu «la restituer avec le plus d'exactitude possible, comme si le temps s'était arrêté», et qui avait été si importante pour lui que la distance des années et la maturité ont été nécessaires pour qu'il l'affronte.


  • La revue de presse Sylvie Kauffmann - Le Monde du 8 septembre 2006

Le temps est venu de le dire : il n'y a pas eu que des héros en Pologne sous Solidarité. Voici un livre sur le début des années 1980 à Varsovie où il n'est question ni d'Adam Michnik, ni de Zbigniew Bujak, ni du père Popieluszko, même si l'épopée des hommes de la liberté y est omniprésente. Solidarnosc est bien là, mais en creux, à contre-emploi, pour mieux mettre en relief le sordide du quotidien polonais de l'époque, la grisaille des murs et des âmes, et l'absurde d'un univers sans avenir.
Quoi qu'il arrive est l'histoire de cinq lycéens de Varsovie désorientés et très alcoolisés, alors que se nouent en toile de fond les accords de Gdansk puis l'instauration de l'état de guerre. Ils ont l'âge qui était celui de l'auteur, Dawid Bienkowski, à l'époque. Né en 1963, Bienkowski avait 17 ans à la naissance de Solidarité, en août 1980, et 18 ans lorsque le général Jaruzelski brisa, la nuit du 13 décembre 1981, le rêve du premier syndicat libre du bloc soviétique.
[...] Publié en 2001 en Pologne, vingt ans après les faits historiques auxquels il se rapporte, Quoi qu'il arrive y a été récompensé par trois prix littéraires. On boit tant d'alcool dans ce livre, et du mauvais alcool qui plus est, souvent de fabrication artisanale, qu'on le referme avec la gueule de bois. Mais avec le sentiment, aussi, d'avoir vu de plus près la réalité d'une période mythique, sombre et désespérée.



  • Les premières lignes

Ils descendirent à l'arrêt du PKS et se mirent en marche, allant droit devant eux sur l'asphalte. Dès qu'ils eurent sauté du marchepied de l'autocar, une légèreté indicible les envahit et les éleva au-dessus de la route. Ils volaient et pouvaient entendre le bruissement délicat de leurs ailes. Ils seraient entre eux, rien qu'entre eux, ce soir, cette nuit et une partie du lendemain. Pas trop tôt. Des souffles de vent chaud les portaient de plus en plus haut dans les airs.

Karol planait en tête et fredonnait. Des bungalows et, plus loin, quelques tentes. Ils planaient encore et voulaient franchir la barrière, mais un type maigre et fripé se glissa hors de la guérite et leur barra le chemin d'un air menaçant. Il leur fallut atterrir.

- Où allez-vous ? bredouilla-t-il.

- Nous voudrions nous installer.

Il était difficile de ne pas voir la tente dans les bras de Karol.

- Vous avez une lettre de recommandation ?

Le type maigre s'explorait l'oreille avec le petit doigt. Ils le regardaient sans rien comprendre.

- Vous n'en avez pas, se répondit à lui-même le type maigre.

Il ôta le doigt de son oreille.

- C'est vingt balles pour l'emplacement et dix balles par personne pour la nuit.


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