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Le nom de notre ignorance : la Dame d'Auxerre

Couverture du livre Le nom de notre ignorance : la Dame d'Auxerre

Auteur : Henri Meschonnic

Date de saisie : 20/07/2006

Genre : Histoire

Editeur : L. Teper, Paris, France

Prix : 13.00 € / 85.27 F

ISBN : 978-2-916010-11-3

GENCOD : 9782916010113


  • La présentation de l'éditeur

Henri Meschonnic part de l'histoire archéologique complètement rocambolesque d'une statuette du Louvre, appelée la "Dame d'Auxerre". De cette très jolie statuette, on ne sait presque rien : ni son origine, ni son histoire, ni la signification de son geste. Cette statuette est un mystère.

Henri Meschonnic fait de ce mystère - que le travail documentaire des historiens d'art et des archéologues n'est pas parvenu à éclaircir - l'objet de sa réflexion. Interrogeant ainsi ce que signifie l'acte de nommer - on a appelé cette statuette "Dame d'Auxerre" justement parce que l'on ne sait rien d'elle -, Henri Meschonnic, dans cet essai, réfléchit sur l'effet sur nous d'une oeuvre d'art, sur la notion de geste et sur les rapports entre le langage et l'oeuvre d'art.


Henri Meschonnic est né à Paris en 1932. Il écrit des poèmes; il retraduit la Bible pour y faire entendre le poème, il travaille à une théorie du langage qui tient ensemble la poétique, l'éthique et le politique. Dans cet ordre d'idées, il a publié Critique du rythme (Verdier, 1982), Modernité modernité (Gallimard, Folio-essais, 1994), Le rythme et la lumière avec Pierre Soulages (Odile Jacob 2000). Derniers livres de poèmes : Tout entier visage (Arfuyen, 2005), Et la terre coule (Arfuyen, 2006, prix Nathan Katz). Dernière traduction biblique : Et il a appelé, traduction du Lévitique (Desclée de Brouwer, 2005). Derniers essais : Un coup de Bible dans la philosophie (Bayard, 2004), Vivre poème (Dumerchez, 2006).



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  • Les premières lignes

Parler d'une oeuvre, particulièrement de cette oeuvre-ci', sur un mode qui ne soit pas le passe-partout descriptif qui fait d'un regard une absence de regard, c'est tenter le passage du parler de au dire. Ce qui implique une critique du langage. Du langage sur l'art. Il s'agit d'aller à cette oeuvre, de la quitter, et d'y revenir dans une suite d'allers retours qui traversent et critiquent les diverses manières de parler d'une oeuvre, et de passer et repasser par une typologie des discours sur l'art. Dire le visible, et dire une oeuvre ne sont pas du même ordre.

Cette oeuvre-ci est pleine de signes. C'est pourquoi, à partir du moment où je l'ai vraiment regardée, je n'ai plus cessé de la voir. Et il n'est certainement pas indifférent pour moi que ce soit Régine Blaig, ma femme, qui m'a aidé à la voir, et à la comprendre comme sculpture.

Son mélange d'abstraction rituelle et de féminité concrète empêche, il me semble, d'y sentir une présence, un modèle, comme devant un Renoir. Elle est dans le milieu d'une transformation, entre la femme et l'abstraction, et c'est précisément cette transformation qui opère en nous, qui se continue en nous. D'où cette convocation, et la nécessité de cette critique des discours.

Elle a une «attitude sacrée et très ancienne», comme disait Rilke à propos de L'éternelle idole de Rodin. Elle est un superlatif de l'archaïque, puisqu'elle est désignée «comme la lointaine ancêtre des "corés" archaïques du siècle suivant'». Son art n'est pas le culte de l'harmonie, et elle n'est pas de l'ordre de la statuaire grecque dite classique, qui suppose un monde fini, le sens même de la perfection étant celui du passé, de l'âge d'or.


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