Auteur : Michèle Desbordes | Jacques Lederer
Date de saisie : 20/07/2006
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : L. Teper, Paris, France
Prix : 10.00 € / 65.60 F
ISBN : 978-2-916010-12-0
GENCOD : 9782916010120
Michèle Desbordes, native des bords de Loire, a longtemps vécu près d'Orléans où elle est morte en janvier 2006. Poète et romancière, elle a publié Sombres dans la ville où elles se taisent (Arcanes 17), L'Habituée (Verdier, 1996), La Demande, (Verdier 1998 puis Folio 2001) Prix du jury Jean Giono et Prix France Télévision 1999, Le Commandement (Gallimard, 2001), Le Lit de la mer (Gallimard, 2002), La Robe bleue (Verdier, 2004), Dans le temps qu'il marchait (Laurence Teper, 2004) et Un été de glycine (Verdier 2005)
Jacques Lederer, écrivain (Fayard, Flammarion, Ramsay,...) était un ami très proche de Michèle Desbordes
Sept biographies-fictions, chacune consacrée à un ou une artiste: Artemisia Gentileschi, peintre italienne du 17ême siècle; Tiepolo, peintre italien du 18ème siècle; Poussin, peintre français du 17éme siècle; H Hderlin, poète allemand du 19ème siècle romantique; Rilke, poète autrichien de la fin du 19ème siècle; Katherine Mansfield, romancière et poète née en Nouvelle-Zélande en 1888; Blaise Cendrars, écrivain français d'origine suisse né en 1887.
Des figures empreintes de silence et de solitude, et à propos desquelles on retrouve les thèmes et les lieux chers à Michèle Desbordes (la sensualité, le voyage, le souvenir, la maladie, la mort, l'atelier du peintre, les fleuves, l'Italie), ainsi que la prose caractéristique de Michèle Desbordes, poétique et puissamment évocatrice.
Ces récits de Michèle Desbordes sont suivis d'un texte de Jacques Lederer, Michèle Desbordes dans les bras de Charlie Parker, texte à la fois bouleversant et drôle qui raconte l'amitié profonde qui unit ces deux écrivains.
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Orazio G., de qui elle reçut une éducation sévère, au point de garder le silence ainsi qu'il demandait, et ne paraître en son atelier qu'aux brèves heures du jour, et le soir, quand il s'y trouvait seul.
À le voir faire, elle sut en peu de temps la manière du dessin, et comment, dans le pli des étoffes et sur les chairs très pâles, naissait la lumière. Le reste du temps, elle allait et venait dans la maison, sans mots régnait sur les servantes, vigoureuse et pleine d'entrain, et s'affairant à toutes choses qu'elle savait.
Un jour qu'elle posait dévêtue pour une toile qu'Orazio destinait à un palais du Quirinal, elle fut aperçue du peintre Agostino T., ami de la famille qui, à peu de temps de là, abusa d'elle dans une chambre qu'il y avait au bas du jardin, entre un figuier et un carré de sauges et de verveines claires.
Son père comprit qu'il fallait la marier et s'y employa, à la suite de quoi, après un départ et quelques années passées dans Florence, au bas d'une ruelle qui donnait sur l'Arno, elle dit qu'elle voulait revenir dans Rome où elle avait ses souvenirs et la beauté des grands arbres sur les collines, la lumière sur les pierres et, nulle part que là, l'idée du temps qui passait. Elle revint et se donna sans compter à la peinture.
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