Auteur : Henry-Claude Cousseau | Giuseppe Penone | Francesco Poli | Alberto Tessore
Date de saisie : 27/08/2006
Genre : Arts
Editeur : Ecole nationale supérieure des beaux-arts, Paris, France
Collection : Ateliers
Prix : 15.00 € / 98.39 F
ISBN : 978-2-84056-182-8
GENCOD : 9782840561828
Cet ouvrage est le catalogue de l'exposition 20 eventi qui se tient du 3 juin au 10 juillet 2006 au coeur de villages anciens de la Basse Sabine en Italie, une région située à l'est de Rome : Casperia, Bocchignano, Castel San Pietro et Castelnuovo di Farfa. 21 jeunes artistes de l'atelier de Giuseppe Penone à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris vont en Sabine pour réaliser et installer leurs oeuvres in situ.
Les nombreux sites archéologiques et les vestiges présents dans les centres urbains montrent combien la Basse Sabine fut, déjà sous l'Empire romain, une terre de culture. De l'Antiquité au XIXème siècle, les constructions se sont insérées de manière particulièrement harmonieuse dans le paysage. L'un des objectifs de ce projet est de donner place à des oeuvres d'art contemporain, conçues spécialement pour les sites où elles seront présentées, renouant avec la tradition d'union entre oeuvres et paysages.
Cette manifestation artistique s'insère dans un programme qui se développera sur plusieurs années, traçant un itinéraire d'art contemporain en Basse Sabine, à travers les villages ruraux, transformés ainsi progressivement en musées de la création du XXle siècle.
À l'initiative d'Alberto Tessore, président de l'association Multivisione, le projet Art en Sabine/Arte in Sabina est parrainé par Giuseppe Penone, artiste associé au mouvement de l'Arte povera et professeur à l'École des beaux-arts.
Textes de : Henry-Claude Cousseau, directeur de l'École nationale supérieure des beaux-arts ; Giuseppe Penone, artiste et enseignant à l'École nationale supérieure des beaux-arts ; Francesco Poli, historien d'art ; Alberto Tessore, président de l'association Multivisione.
OEuvres de : Simon Boudvin, Jean-Baptiste Achim Calistru, Margherita Caron, Cyril Dietrich, Nicolas Dusollier, Sara Favriau, Kilian Glasner, Alexis Hanse, Atsunobu Kohira, Nathalie Laemlé, Nicolas Ly, Aurélie Mazars, Shinobu Mikami, Oh You Kyeong, Aurore Pallet, Emeric Paul, Héloïse du Peloux, Yuan Peng Wang, Irina Rotaru, Federico Spadoni, Natalia Villanueva.
À ceux qui pensent que l'atelier est une formule périmée, on conseillera de se rendre très vite à Paris dans celui que Giuseppe Penone anime maintenant depuis une dizaine d'années, à l'École nationale supérieure des beaux-arts. La diversité des disciplines, la variété des expressions, des styles et des techniques, leurs dialogues
et leurs hybridations infinies, y sont la règle. Et loin de l'uniformité ou de l'imitation que cette structure a la réputation de produire, on saisira que cet artiste, aujourd'hui célèbre dans le monde entier, est aussi un pédagogue hors pair - pourquoi ne pas dire un maître - qui sait guider chacun sur la voie qui lui est propre.
Pour ce faire, et parmi bien d'autres processus, Giuseppe Penone, qui aime aussi le livre en tant qu'objet, a souvent recours à l'espace privilégié et à la temporalité particulière qu'offre ce dernier. Il en est, à ma connaissance, avec celui-ci, à sa quatrième réalisation au sein de l'École. Mais les livres qu'il conçoit avec ses étudiants ne sont pas que de simples livres. Ils s'animent en général sur l'expérience initiatique du voyage. Parfois, pour ainsi dire, en temps réel, comme en Inde en 2000, ou, comme en 2003, sous un angle nouveau, poétique, en s'emparant d'un thème qui lui est cher, celui du jardin. En l'occurrence, il s'agissait d'une émouvante interprétation du tête-à-tête entre Paul Celan et l'auteur de Macbeth, dans le Jardin dit précisément de Shakespeare au Pré Catelan. En 2001, en revanche, il arpentait une autre forme de paysage, inattendu, celui que constituent les errances secrètes du dialogue incessant entre la Nature et l'homme, son histoire, sa langue, ses mythes, ses relations au sacré, marqué d'insaisissables inflexions. Les jardins et les paysages, lieux de ces genèses, auront ainsi toujours eu sa faveur.
C'est encore le cas cette année. Au plus près de la Nature, dont Penone est, en quelque sorte, l'un des grands passeurs de notre époque, cette itinérance se poursuit dans l'espace privilégié du livre, cette irremplaçable façon de prolonger toute forme de périple. Pour les étudiants, c'est aussi une nouvelle invitation au voyage où, tout à la fois, il les entraîne et les initie à la création. Découvrir, interpréter, réagir, se déplacer dans un lieu réel ou imaginaire, éprouver les ressources concrètes ou virtuelles de son corps, celles de ses gestes, sont des moyens que le voyage a, plus que d'autres expériences, l'art de mettre au jour. Et ce n'est pas le moindre des mérites de Penone que de dispenser un enseignement qui ne se contente pas de dévoiler ici et là les bonnes recettes, les bons effets au bon moment, mais de savoir conjoindre les préoccupations de ses élèves aux siennes, de les amener ainsi imperceptiblement au coeur de sa propre réflexion créatrice, et la partageant intimement avec eux, de proposer une maïeutique qui introduit sans le moindre artifice la profonde raison d'être d'un travail personnel. On en voit le prix. C'est de l'intérieur que l'élève découvre les méandres des mécanismes créateurs, en perçoit la légitimité et trouve au contact de ce partage les raisons de poursuivre ensuite, seul... son chemin(...)
Henry-Claude Cousseau
Directeur de l'École nationale supérieure des beaux-arts
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