Auteur : Abbé Pierre
Date de saisie : 04/11/2006
Genre : Religion, Spiritualité
Editeur : Hoëbeke, Paris, France
Collection : Le grands dehors. Documents
Prix : 28.00 € / 183.67 F
ISBN : 978-2-84230-266-5
GENCOD : 9782842302665
Cet album réunit quelques deux cents photos, inédites ou inconnues du grand public, pour faire découvrir le destin hors du commun d'un fils de bonne famille : Henri Grouès devenu l'abbé Pierre. Touts issues du fonds Emmaüs ou des archives privées de l'abbé Pierre.
Un voyage dans l'existence d'une des plus grandes personnalités du XXe siècle, un parcours qui se déroule comme une fresque aux multiples étapes. Jeune, il découvre la vie de Saint-François d'Assise, entre dans les ordres et choisit la discipline la plus dure, celle des Capucins. Neuf ans plus tard, on le retrouve vicaire à Grenoble. Lorsque la guerre éclate, ce sera le début de son engagement : il fonde le premier maquis du Vercors et devient passeur clandestin. Dénoncé, il doit fuir, capturé, il s'évade pour rejoindre de Gaulle à Alger. Le calme revenu, l'abbé Pierre rentre en politique et devient député. La grande histoire de l'abbé Pierre commence parallèlement : il fonde Emmaüs, développe la communauté des biffins. L'hiver 54 est meurtrier pour les sans-logis, l'abbé lance son célèbre appel : c'est l' «insurrection de la bonté» dans la France entière. Son action fait le tour du monde, il fonde des communautés sur tous les continents.
Les moments de cette vie, la photographie nous les restitue en autant d'étapes marquées par des témoignages iconographiques d'une rare intensité. Aujourd'hui avec ces images fortes, l'abbé retrouve les hommes et les lieux qui ont compté, ses actions innombrables. Il se souvient de tous ces instants et confie pour ce livre ses souvenirs, ses impressions, ses idées, ses colères.
Commander ce livre sur Fnac.com
De l'enfant au capucin
En regardant les photographies qui composent cet album, l'abbé Pierre s'attarde à chacune des images impressionnées voilà longtemps par de très anciens objectifs. Les clichés sont jaunis, les gris et les blancs ont passé, mais les souvenirs qu'ils évoquent à l'abbé sont nets. Les premières images illustrent Fouillouse, cette petite commune des Alpes-de-Haute-Provence, à l'époque le département des Basses-Alpes, au-dessus de Barcelonnette, le berceau de la famille Grouès.
C'est pourtant à Lyon qu'il naquit le 5 août 1912. De ses parents, huit enfants sont nés, cinq garçons et trois filles. L'abbé était le cinquième. C'est une famille soudée, très unie, malgré une certaine distance entre les enfants et les parents, compte tenu de l'éducation lyonnaise de l'époque dans la grande bourgeoisie. Antoine, le père, est un industriel de la soierie. L'abbé parle peu de sa mère, une femme accaparée par les charges d'une famille nombreuse.
«Je n'ai pas le souvenir de démonstrations de tendresse de sa part, sauf durant les quelques jours avant mon entrée au couvent où elle me parla beaucoup.» L'éducation est avant tout religieuse : «On faisait la prière du soir tous ensemble, dit-il, et nos chaises à l'église étaient marquées de chacun de nos noms.»
Les Grouès sont d'abord installés à Lyon, rue Sala, dans le quartier bourgeois d'Ainay, sur la presqu'île entre Rhône et Saône. Puis, la famille s'agrandissant, ils acquièrent une vaste propriété à Irigny, une banlieue prospère de la capitale des Gaules.
Henri, le nom de baptême de l'abbé Pierre, est un enfant turbulent. Curieux de tout, il veut tout apprendre, il cherche toujours à savoir. La franchise directe, sans détour, est l'un des traits d'un caractère qui ne craint pas les réprimandes. Son père devra manifester beaucoup d'habileté pour élever ce jeune Henri.
«Je me souviens, dit-il, j'étais bien jeune, je crois que j'avais chipé de la confiture comme les gamins le font à cet âge. Or, nous étions invités en famille chez des cousins pour jouer au tir aux pigeons. Pour me punir, mon père m'avait interdit d'aller chez les cousins. Quand les miens, le soir, sont revenus, enchantés de leur journée, je me souviens avoir lancé à mon frère Léon, qui ne tarissait pas à propos du tir aux pigeons : "Qu'est-ce que tu veux que ça me fasse ? Je n'y étais pas !" J'étais tout fier de mon esprit logique. Mon frère repartit vers sa chambre, peiné. Mon père avait tout entendu. Il me suivit, referma la porte sur moi. Je me rendais compte qu'il était malheureux. Il me dit : "Enfin, Henri, il n'y a que toi qui comptes... Tu n'as que faire de la joie de ton frère, comme peux-tu être si insensible au bonheur des autres ?"»
Dès son plus jeune âge, il est animé d'une foi inébranlable et ses carnets intimes témoignent d'un amour pour Dieu incommensurable.
Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli