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Nids ethniques

Couverture du livre Nids ethniques

Auteur : Jean Louis Marzoratti | Nicolas Reynard

Préface : Yann Artus Bertrand

Date de saisie : 11/06/2007

Genre : Arts

Editeur : Hoëbeke, Paris, France

Prix : 35.00 € / 229.58 F

ISBN : 978-2-84230-263-4

GENCOD : 9782842302634


  • La présentation de l'éditeur

Nicolas Reynard était un des grands photographes français.

Il avait entrepris, parallèlement à son travail destiné aux magazines, un travail à la fois immense et magnifique : photographier en noir et blanc, et en couleurs, des peuples qui, sur tous les continents, poursuivent un mode de vie traditionnel en marge du monde occidental. Il avait axé ses reportages sur l'habitat : Habitat collectif chez les Matis d'Amazonie et les Hakkas de Chine, flottant chez les Moken de Thaïlande, démontable chez les Gabras du Kenya, en terre chez les Chipayas de Bolivie et les Dogons du Mali. Mais bien au-delà du reportage ethnologique, c'est également une réflexion artistique qui guide le photographe.

En noir et blanc d'abord. Il photographie avec un polaroïd, ce qui, dans les conditions de leurs prises de vues, donne des images qui s'altèrent immédiatement. Ainsi les tirages révèlent des taches, des rayures ou des écaillures qui racontent elles aussi une partie de l'histoire vécue avec ces peuples. Un passe-passe chronologique troublant pour rendre hommage à l'immense photographe des tribus indiennes nord-américaines, Edward Sheriff Curtis (1868-1952).
En couleurs aussi. Car ces peuples, vestiges d'un temps colonisé par la société industrielle, vivent toujours aujourd'hui - bien que leur équilibre soit menacé. Il nous les montre, loin des regards convenus, avec un sens exceptionnel de la lumière et de la composition, dans leur quotidien, leur habitat, leur mode de vie. Ces images sont stupéfiantes de beauté et d'émotion. Elles se regardent comme de véritables tableaux.

Nicolas Reynard n'a pu prolonger cette exploration. Ce livre réunit les reportages réalisés jusqu'à sa mort et c'est son ami Jean Louis Marzoratti, ancien rédacteur en chef, journaliste, compagnon de voyage, qui nous raconte l'histoire de ces derniers peuples.



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  • Les premières lignes

Préface Yann Arthus-Bertrand :

Je pense que les préfaces ne servent à rien. Je refuse souvent mais celle-là, je suis content de l'écrire parce que Nicolas est un photographe que j'aimais. C'est difficile de le faire à l'occasion du dernier livre d'un homme qui s'est tué en avion. J'ai souvent pensé que cela pouvait m'arriver. On vit avec. Je le connaissais peu en fin de compte. On s'est peut-être rencontré une dizaine de fois. Mais c'est vrai qu'on était sur la même longueur d'onde tous les deux. Il fait partie de ma famille de photographes, des photographes indépendants, entreprenants, qui vont sur le terrain, travaillent pour différents journaux, un coup pour l'un, un coup pour l'autre. Je me souviens de son exposition sur les tribus cachées d'Amazonie présentée en 2004 au Festival international du photojournalisme de Perpignan. Un travail pour National Géographie sur ces peuples autochtones qui le fascinaient tant et font, selon lui, la richesse de l'humanité. Et rares sont les photographes français à travailler pour ce prestigieux magazine américain. C'était la dernière fois que je l'ai vu.
Nous avions discuté pendant des heures. Nous avions rencontré une jeune photographe dont le travail, un portrait de la France à mobylette, avait retenu notre attention, à tous les deux. Les photographes sont souvent obsédés par leur propre travail et s'intéressent peu à celui des autres. Ce n'était pas le cas de Nicolas. Il avait regardé les photos de cette fille avec beaucoup de générosité. On sentait bien qu'il avait en lui un truc en plus. C'était une force de la nature. Un grand mec qui te regarde droit dans les yeux. On ne pouvait pas ne pas l'aimer. Au fond, il avait un peu le physique de ce qu'il était : un explorateur qui aime les gens qu'il photographie, qui aime leur vie. Il était toujours épaté de faire un métier aussi extraordinaire. Il le prenait à bras-le-corps et avec beaucoup d'imagination. Nicolas avait l'air d'un homme heureux.
Il avait la générosité de ceux qui donnent parce qu'ils savent que cela ne leur enlève rien de donner, la générosité de ceux qui n'ont pas peur de la vie.
Pour faire ce métier, il faut aussi qu'on te donne beaucoup. Si tu n'es pas aidé, tu n'y arrives pas. Et Nicolas était un homme de partage. Ses photos le montrent.


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