Auteur : Jean-François Luneau
Date de saisie : 18/07/2006
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Presses universitaires Blaise Pascal, Clermont-Ferrand, France
Collection : Histoires croisées
Prix : 40.00 € / 262.38 F
ISBN : 978-2-84516-284-6
GENCOD : 9782845162846
Félix Gaudin reprend en 1879 une importante manufacture de vitrail de Clermont-Ferrand. Débute alors une longue carrière nationale et internationale qui le mène jusque dans le Nouveau Monde où ses vitraux ornent aujourd'hui nombre d'édifices célèbres, comme le Teatro Colón de Buenos Aires.
Installé à Paris en 1890, il connaît un triomphe à l'Exposition universelle de 1900. Collaborant avec les plus grands cartonniers de son temps, Louis Steinheil, Eugène Grasset ou Luc-Olivier Merson, ce disciple de Viollet-le-Duc n'hésite pas à mettre en oeuvre des matériaux nouveaux comme le verre américain dont il se fait le propagateur, participant ainsi au renouveau du vitrail de la fin du XIXe siècle.
Jean-François Luneau, docteur en histoire de l'art, a longtemps été conservateur du patrimoine au Service régional de l'Inventaire de la Drac Auvergne.
Depuis 2004, il est maître de conférences au département de Tourisme de l'Université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand.
Extrait de la préface de Jean-Paul Bouillon, Professeur d'Histoire de l'art à l'université Blaise-Pascal Membre de l'Institut universitaire de France :
Depuis une vingtaine d'années, le vitrail français du XIXe siècle a fait l'objet d'une prospection poussée - et l'auteur de ce livre n'y a pas peu contribués. L'objet même est complexe, impliquant une multitude de registres divers, dont l'imbrication est difficile à démêler : l'histoire économique, celle des sciences et des techniques, la restitution du processus compliqué d'élaboration des commandes et de la détermination des programmes, l'analyse d'une iconographie contraignante qui trouve ailleurs ses origines, les questions de style enfin, avec une incidence évidente des mutations contemporaines de la peinture. Le choix d'étudier non pas un <(créateur» de vitraux proprement dit non plus que d'une série d'oeuvres présentant un corpus esthétiquement homogène, mais un «producteur» éclectique venu d'un autre horizon et au premier abord plus important par le nombre que par la qualité même de sa production pouvait surprendre. Fort de son corpus des 1 301 pièces du catalogue (partiel) répertoriées avec persévérance et rigueur, Jean-Francois Luneau a démontré pleinement la légitimité de cette option, en produisant un dossier considérable auquel on ne cessera de se référer pour son sujet propre, mais qui en déborde aussi très largement les limites.
Sa double problématique contribue à l'expliquer, qui s'ordonne autour de la personnalité de Gaudin : d'une part les conditions de développement d'une entreprise conduite par quelqu'un qui n'est pas entrepreneur de profession, mais militaire de carrière ; d'autre part la mise en oeuvre et l'évolution des données esthétiques, pour un fabricant d'objets qui n'est pas lui-même un artiste et n'a aucune formation spécifique en ce domaine. À l'articulation de ce «ni l'un ni l'autre», la double incompétence de Gaudin si l'on peut dire, ou sa double virginité - l'absence de données trop prédéterminantes qui opacifieraient la valeur symptomatique de son action - va se révéler au fil de l'enquête extraordinairement productive, faisant apparaître à nu, avec une grande clarté, les phénomènes de société, comme les phénomènes d'art qui le dépassent, mais dont il est exceptionnellement «porteur».
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