Passion du livre - tout sur le livre : A la recherche de l'utérus perdu

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

A la recherche de l'utérus perdu

Couverture du livre A la recherche de l'utérus perdu

Auteur : Patricia Rodriguez Saravia

Traducteur : Nelly Lhermillier

Date de saisie : 18/07/2006

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Des femmes-Antoinette Fouque, Paris, France

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 978-2-7210-0528-1

GENCOD : 9782721005281

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

«Vous aussi vous voulez être mères ? demande Camila. - Qui ne veut pas l'être ? C'est la plus belle chose qui soit au monde, répond Rachel.

Les cinq femmes le regardent avec étonnement. - Agata est enceinte, dit Camila sans y penser.

- Qui est Agata ? demandent en choeur les infirmières, Rachel et Eloise.

- La chatte.

- Comme c'est chou ! disent-elles à l'unisson.

- Les filles, ordonne Camila, emmenez Rachel et Eloise chez elles et que quelqu'un monte la garde. Vous rendez-vous compte que peu à peu nous sommes en train de récupérer tout ce qu'a vendu Santa Anna ? Ajoutez les émigrés clandestins qui traversent le rio Bravo pour aller aux États-Unis, les chicanos et les embryons mexicains qui naissent dans des ventres gringos avec la nationalité américaine. Il ne manque plus que les utérus soient estampillés «Made in Mexico».

- Ne plaisantez pas avec ça, doctora. - Deborah a les yeux pleins de larmes. - Nous voulons toutes savoir ce que sont devenus nos enfants.»

P. R.

Patricia Rodriguez Saravia, née à Mexico en 1945, est psychiatre et psychanalyste. Elle a déjà publié au Mexique huit textes, romans ou nouvelles, et a reçu deux prix littéraires. À la recherche de l'utérus perdu est son premier livre publié en langue française.





  • Les premières lignes

Camila conduit sa voiture en se limant les ongles et en retouchant son maquillage dans le rétroviseur. Les voitures la doublent et leurs conducteurs lui font des signes obscènes, mais elle, plongée dans ses pensées, se dirige vers la rue du Cerro Boludo, dont le nom ferait tellement rire les Argentins.

L'annonce dans le journal était claire: «Madame Balmis vend à bas prix les objets personnels de son défunt mari.» Camila avait appelé au téléphone pour demander si parmi ces objets figuraient des livres et revues d'anesthésie des années 1982, 1983 et 1984. La veuve avait répondu, laconique:

- Tous les objets du docteur sont à vendre.

Camila avait eu l'impression d'entendre la jeune veuve ajouter, à voix basse: «Je ne veux rien de lui dans ma maison, ni dans ma vie, pas même un souvenir.»

Elle allait lui demander si les souvenirs aussi étaient à vendre, mais la veuve manquait sûrement d'humour après les journées sinistres qu'elle venait de passer. Le journal s'était chargé de donner des détails morbides: que le cadavre avait été trouvé dans un état de décomposition avancé, qu'il avait les bras en croix et que, dans la main droite, il serrait un presse-papiers orné d'une tour Eiffel et de neige artificielle, avec lequel il avait fallu l'enterrer, bien que la police le considérât comme une pièce clé pour éclaircir l'affaire. L'article était illustré de photos impudiques qui montraient les médecins légistes en train de scier les bras du cadavre pour pouvoir le faire entrer dans le cercueil.


Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli