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L'épave

Couverture du livre L'épave

Auteur : Yves Ravey

Date de saisie : 14/12/2006

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Minuit, Paris, France

Prix : 12.00 € / 78.71 F

ISBN : 978-2-7073-1966-1

GENCOD : 9782707319661

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  • La présentation de l'éditeur

La voiture d'un touriste allemand dérape dans un virage : trois morts. Et déjà List le mécanicien est sur place pour piller l'épave et proposer ses services au père du chauffeur. Car cet homme, obsédé par la mémoire de son fils, ne quittera pas la ville sans avoir récupéré certaines affaires restées dans la voiture.

Il a de l'argent. Et List a les photos, comme les autres souvenirs.





  • La revue de presse Patrick Kéchichian - Le Monde du 15 décembre 2006

Certains romans ressemblent à des maisons de famille. Les générations s'y sont succédé, des alliances et des mésalliances s'y sont conclues. Nourrissant la chronique du temps perdu, des drames anciens imprègnent les murs. Yves Ravey, qui a publié depuis 1989 sept romans - le premier chez Gallimard, puis aux éditions de Minuit - et trois pièces de théâtre, n'habite pas ce type de demeures, ne puise pas dans leur charme et leur patine...
Yves Ravey ne donne pas d'explication, ne tend aucune perche à son lecteur. Il se refuse à transformer son roman en apologue. Il ne le conclut pas à l'aide d'une morale en faveur ou en défaveur des déshérités. Dans un bref essai, Pudeur de la lecture (éd. Les Solitaires intempestifs, 2003) il définissait avec éloquence son esthétique de la littérature. Il parlait notamment de la transparence, comme haute qualité de l'écriture romanesque. L'Épave porte pleinement témoignage de cette qualité. Et aussi, dans un style serré et sec, d'une étrange, impérative nécessité.


  • La revue de presse Jean-Baptiste Harang - Libération du 12 octobre 2006

Nous sommes gênés pour nous-mêmes, l'écriture ne nous lâche pas, elle fouaille les autres mais nous entendons : ces gens sont de votre espèce, ils sont comme vous, pétris de cette glaise grise qui fait l'humanité, ces pauvres hères que je vous présente sont votre miroir. Et c'est à nous seuls qu'on peut en vouloir, ni à ces silhouettes agitées, ni à l'auteur qui ne cède rien. La force d'Yves Ravey, dans ce livre comme dans toute son oeuvre, est de n'expliciter aucun commentaire, aucune explication, ni morale, ni philosophie, par la puissance de mots simples, il donne des histoires comme une matière brute avec laquelle il faut bien se débrouiller. Il ne s'en lave cependant pas les mains, ceux d'entre nous qui le suivent savent trouver dans quelques lignes l'ombre de cicatrices anciennes jamais complètement refermées, ces carcasses d'automobiles comme des scarabées, ces désincarcérations qu'il a tant dessinées, et pour toujours cette langue allemande dans la bouche d'une mère. Alors on se souvient de la toute première définition qu'on a trouvée du mot «épave» : survivre parmi les choses abandonnées.


  • La revue de presse Baptiste Liger - Lire, octobre 2006

Dès les premières lignes de L'épave, le romancier et dramaturge Yves Ravey instaure une mécanique implacable entre ses deux personnages principaux, avec un ton sombre et étouffant qui ne tombera jamais. En seulement une centaine de pages, il restitue parfaitement, avec des mots simples, la psychologie de ses personnages...
La tension monte alors que les repères se perdent, jusqu'aux vingt dernières pages absolument étourdissantes. Et l'épave n'est plus seulement une carcasse de berline allemande, mais la métaphore de ce que les procès-verbaux de gendarmerie nomment régulièrement: perte de contrôle.



  • Les premières lignes

Chaque soir avant qu'il ne s'endorme, la mère entrait dans la chambre de son fils pour discuter des dettes laissées par son mari. Elle lui confiait alors que son voeu le plus cher, maintenant qu'elle était veuve, serait de partir loin d'ici, n'importe où, et List lui posait toujours la même question : Pourquoi ne se décidait-elle pas à retourner dans sa famille de l'autre côté des Alpes ?

Mais, ce jour-là, c'est List qui l'a tirée du lit. Il n'était pas rentré de la nuit. Il arrivait du lieu-dit le Grand-Pont, une combe à côté de la décharge municipale. Un Allemand s'était retourné dans le virage, sa voiture avait versé dans le ravin. List a prévenu sa mère et il est reparti à travers la prairie avec son sac à dos. Il y avait toujours quelque chose à récupérer après le passage des gendarmes. La voiture, une Volkswagen, gisait sur le côté. List a pénétré dans l'habitacle. D'abord il a fouillé la boîte à gants : des plans urbains, une lampe de poche et des photos dans un porte-cartes qu'il a rangé dans sa poche de blouson.


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