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Le jeune homme

Couverture du livre Le jeune homme

Auteur : Mori Ogai

Postface : Jean-Jacques Tschudin

Traducteur : Elisabeth Suetsugu

Date de saisie : 16/07/2006

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Rocher, Monaco, France

Collection : Série japonaise

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-2-268-05805-4

GENCOD : 9782268058054

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  • La présentation de l'éditeur

Le Jeune Homme retrace l'apprentissage intellectuel et sentimental d'un fils de bonne famille venu s'installer à Tôkyô dans l'espoir de devenir écrivain. Koizumi Jun.ichi est plongé au coeur des débats esthétiques de l'époque Meiji, une période de grands bouleversements, où la culture japonaise subit l'influence de la modernité occidentale. Parallèlement, le jeune homme va connaître ses premiers émois amoureux et une véritable initiation sentimentale à travers trois figures féminines : sa voisine, une jeune fille douce et respectable ; une geisha des quartiers de plaisirs ; enfin la veuve d'un professeur de français, à la réputation trouble, à qui il va emprunter des livres...

Texte hybride, au carrefour de diverses influences, Le Jeune Homme

relève à la fois du «roman du moi» japonais et du roman de formation européen. Il livre aussi un document important sur le bouillonnement culturel du Japon du début du XXe siècle.

Médecin, haut fonctionnaire, traducteur, historien et écrivain, Mon Ôgai (18621922) est l'un des principaux fondateurs de la littérature moderne japonaise. Après un séjour d'études en Allemagne, il publie à son retour au Japon La Danseuse (1890), récit aux résonances autobiographiques. Il récidivera avec le sulfureux Vita sexualis (1907), suivi du Jeune Homme (1910-1911). Marqué par des influences occidentales, il ne cesse de s'interroger sur la «japonité» et opère à partir des années 1910 un retour vers des valeurs plus traditionnelles, à travers l'essai et le roman historique, dont L'Intendant Sanshô (1915), adapté au cinéma par Mizoguchi Kenji, demeure un exemple célèbre.





  • Les premières lignes

Koizumi Jun.ichi quitta son auberge de Hikagechô, dans le quartier de Shiba, puis, un plan de Tôkyôl en main, importuna quelqu'un pour lui demander le chemin, et de Shinbashi prit un tramway en direction d'Ueno. Le changement à Sudachô s'effectua sans encombre, malgré l'affluence à donner le vertige. Ensuite, il descendit à l'arrêt Hongô San-chôme, longea le Lycée supérieur à partir d'Oiwake, prit à droite, et arriva devant la pension Sodeura, située face à la rue qui montait vers le sanctuaire de Nezu Gongen. Le mois d'octobre touchait à sa fin et il était huit heures du matin.

Le chemin qu'il avait suivi formait un T en rejoignant la rue menant au sanctuaire et la pension se trouvait juste à l'embranchement. C'était une construction imitant le style occidental, semblable à une boîte d'allumettes, en bois peint. Au linteau de la porte d'entrée étaient fixées une ribambelle de planchettes portant le nom des pensionnaires.

Jun.ichi s'arrêta pour les lire. Le nom qu'il cherchait, Ôishi Kentarô, était en deuxième ou troisième position, et il le trouva sans peine. Une servante, qui pouvait être âgée d'une quinzaine d'années, était occupée à nettoyer la partie planchéiée du vestibule, les manches de son kimono retenues par un cordon rouge. Elle s'interrompit pour demander :

Qui venez-vous voir ?

Je souhaiterais rencontrer M. Ôishi.

Arrivé tout droit de sa province, Jun Ichi se servait du parler de Tôkyô tel qu'il l'avait appris en lisant des romans. Il réfléchissait avant de prononcer chaque mot, exactement comme on le fait quand on utilise une langue étrangère que l'on maîtrise mal. Intérieurement, il se réjouit d'avoir pu formuler sans trop de problème sa réponse.


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