Auteur : Stéphanie Arc
Date de saisie : 16/07/2006
Editeur : le Cavalier bleu, Paris, France
Collection : Idées reçues. Economie & société, n° 120
Prix : 9.00 € / 59.04 F
ISBN : 978-2-84670-137-2
GENCOD : 9782846701372
«Ce sont des garçons manqués» - «C'est un choix féministe» - «Il y a plus de gais que de lesbiennes» - «Elles ont pas trouvé le bon» - «Entre femmes, ce n'est pas vraiment du sexe» - «Elles ne devraient pas avoir d'enfants»...
Issues de la tradition ou de l'air du temps, mêlant souvent vrai et faux, les idées reçues sont dans toutes les têtes. L'auteur les prend pour point de départ et apporte ici un éclairage distancié et approfondi sur ce que l'on sait ou croit savoir.
Diplômée de philosophie morale et politique à la Sorbonne, membre de l'association Eros (Etudes et Recherches sur les Orientations Sexuelles), Stéphanie Arc a collaboré au Journal du CNRS, avant de consacrer ses recherches à l'image de l'homosexualité féminine dans la société occidentale contemporaine. Dépassant le cliché de la «camionneuse» l'auteur nous invite ici à découvrir cette homosexualité féminine qui, depuis Sapho, gêne, inquiète, et sent parfois le soufre.
Lesbienne (...) en référence aux amours de la poétesse Sapho (fin du VIIe, début du VIe siècle av. J.-C.) de Lesbos, île de la mer Égée (Mytilène). Femme qui éprouve un désir sexuel pour les femmes. Si le terme est attesté en 1549, il désigne, au masculin, un «mignon», amant d'un homme.
C'est au cours de la Renaissance que l'on commence à nommer les femmes qui s'aiment en France. Mais c'est le terme «tribade», du grec «frotter», désignant une technique sexuelle, qui s'avère le plus usité, et ce, jusqu'à la moitié du XIXe siècle. On date en effet de la parution des Fleurs du mal de Baudelaire (1857), l'émergence d'une nouvelle signification pour le mot «lesbienne». Car tandis que l'auteur appelle lesbiennes ses «femmes damnées», un procès retentissant le condamne pour outrage à la morale publique. L'usage du terme se répand alors, fortement teinté d'érotisme. À la fin du XIXe siècle, le corps médical crée le nom d'«homosexuel/le», qui fait son entrée dans le supplément du Nouveau Larousse illustré en 1902. Les lesbiennes de la Belle Époque préfèrent à ces termes très connotés celui de «saphiste» ou d'«amazone». Les autres termes en usage, tels anandryne, gousse, gougnotte, uranienne, gomorrhéenne, Sapho, invertie, s'avèrent tantôt triviaux, tantôt médicaux, tantôt précieux.
C'est dans les années 1970 que les femmes se réapproprient le mot «lesbienne», au sein des mouvements féministes. Le terme prend une dimension politique en s'inscrivant dans la lutte contre la hiérarchie des sexes et des sexualités. «Les lesbiennes ne sont pas des femmes», écrit Monique Wittig en 1980. Cette renaissance positive accompagne l'émergence de nouveaux modes de vie homosexuels et une plus grande visibilité des gais et des lesbiennes. C'est aujourd'hui le terme le plus employé.
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