Auteur : Jean de La Fontaine
Préface : Yves Le Pestipon
Illustrateur : Cécile Landowski
Date de saisie : 15/07/2006
Genre : Poésie
Editeur : le Capucin, Lectoure, France
Collection : Le bestiaire du Capucin
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 978-2-913493-71-1
GENCOD : 9782913493711
Les fables du Chien
Le Loup et le Chien. Livre I - 5.
La Lice et sa compagne. Livre II - 7.
L'Âne et le petit Chien. Livre IV - 5.
Le Chien qui lâche sa proie pour l'ombre. Livre VI - 17.
Le Chien qui porte à son cou le dîné de son Maître.
Livre VIII - 7.
L'Âne et le Chien. Livre VIII - 17.
Les Deux Chiens et l'Âne mort. Livre VIII - 25.
Le Loup et le Chien maigre. Livre IX - 10.
Le Chien à qui on a coupé les oreilles. Livre X - 8.
Le Fermier, le Chien et le Renard. Livre XI - 3.
La Querelle des Chiens et des Chats et celles des Chats
et des Souris. Livre XII - 8.
Extrait du prologue de Yves Le Pestipon :
Là où ça sent le Chien, ça sent l'Homme !
Le Chien n'est jamais loin de l'Homme. Quand maître Loup «court» les bois, le Chien porte collier, «porte le dîner de son maître», porte la responsabilité de protéger les poules... «Il vit de pair à compagnon avec Monsieur, avec Madame». Le Chien est au bout du fil de l'Homme. Il arbore sa marque. «Qu'est-ce là ? - Rien, - Quoi rien ? - Peu de chose». Ce «peu de chose» change tout. D'un côté s'accumulent caresses, victuailles, sécurités, mais de l'autre se perd la liberté. Le Chien n'en a cure, pourvu qu'il engraisse. Il refuse cette question : «Que sert la bonne chère quand on n'a pas la liberté» ?
La Fontaine s'est rêvé Loup plutôt que Chien, lui qui a tenté de résister au Roi dans l'affaire Fouquet, a couru jusqu'à Limoges, puis s'est trouvé en marge des faveurs. La maigreur du Loup ne le séduisait pourtant pas. Il aimait la volupté, les amitiés, la civilité. À ses «tentations», dont a parlé Giraudoux, il ajoutait peut-être celle d'être Chien. Il l'a refusée, sans l'oublier. Il a cherché un milieu entre Chien et Loup, que figure le Roseau, élégant et modeste, sauvage et civil, persistant heureusement sur «les humides bords des Royaumes du vent».
Le Chien n'a pas bon air pour La Fontaine. Il fait trop foule. Il s'aime en meute. Dans maintes fables, Brifaut et Rustaut s'acharnent contre le Cerf, la Perdrix, ou le Renard. Toujours au service de l'Homme, violent, rarement solitaire, le Chien est mauvais philosophe. Soumis au maître, car soumis à son propre désir, il «prend la proie pour l'ombre». Comme l'Homme, quand celui-ci fait la bête, il s'abuse aux images.
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