Auteur : Jean de La Fontaine
Préface : Yves Le Pestipon
Traducteur : Vanessa Gonçalves
Date de saisie : 15/07/2006
Genre : Poésie
Editeur : le Capucin, Lectoure, France
Collection : Le bestiaire du Capucin
Prix : 15.00 € / 98.39 F
ISBN : 978-2-913493-81-0
GENCOD : 9782913493810
Les Insectes de la fable
La Cigale et la Fourmi. Livre I -1
Les Frelons et les Mouches à Miel. Livre I - 21
L'Aigle et l'Escarbot. Livre II - 8
Le Lion et le Moucheron. Livre II - 9
La Colombe et la Fourmi. Livre II - 12
La Goutte et l'Araignée. Livre III - 8
La Mouche et la Fourmi. Livre IV - 3
Le Coche et la Mouche. Livre VII - 9
L'Homme et la Puce. Livre VIII - 5
L'Araignée et l'Hirondelle. Livre X - 6
Le Renard, les Mouches et le Hérisson. Livre XII - 13
Extrait du prologue de Yves Le Pestipon :
C'est, au fond, par amour-propre que la Cigale échoue devant la Fourmi, quand le Renard sait plus tard flatter le Corbeau. C'est par amour-propre, exigeant la mort d'autrui, que la Fourmi lance son «dansez maintenant»... Pour La Fontaine, le petit n'est le beau, ou le bon, ou le modeste. La Fourmi est ignoble. Une menue Mouche prétend mener tout un Coche. On peut être minuscule et plein de soi.
Mais «tout en tout est divers», chez les insecte comme en «l'ample comédie». La première fourmi n'est pas toute fourmi. Toute fourmi n'est pas fourmi. Si la première fable du premier livre en propose un exemple atroce, la Colombe, au livre II, rencontre une Fourmi qui sait se souvenir de l'aide qu'elle lui apporté, et se montrer charitable. Cette fourmi n'est pas fourmi. Les Fables distinguent et dialoguent. Elles arrachent le lecteur, parfois par insectes, à la tentation bien peu chrétienne, du jugement. Plutôt que de confondre toute Fourmi en une, mieux vaut s'ouvrir l'esprit à la diversité des êtres, des choses, et des situations. Ces deux fourmis, ensemble, font l'oeil ouvert.
Le Moucheron oublie un moment d'ouvrir le sien. S'il a dominé le Lion, s'il l'a fait «écumer» et l'a rendu «plein de rage», il ne voit pas «l'embuscade d'une araignée», et rencontre là «sa fin». Le Lecteur, s'il sait lire, à cette «fin», ne rencontre par la sienne, mais continue, tirant leçon de ce spectaculairement aveuglant amour-propre de chétif.
Les aventures d'insectes sont le petit Ecclésiaste des Fables, mais on y croise aussi l'Évangile, la météo et l'«onde pure». Par ce monde «chétif», pourtant multiple, où les grandeurs d'un coup se font vaines, se joue, comme une mouche, mais avec heureuse efficacité, le drame drôle, ou la comédie, des tourbillonnants points de vue.
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