Auteur : Jean de La Fontaine
Préface : Yves Le Pestipon
Traducteur : Bruno Guittard
Date de saisie : 15/07/2006
Genre : Poésie
Editeur : le Capucin, Lectoure, France
Collection : Le bestiaire du Capucin
Prix : 12.00 € / 78.71 F
ISBN : 978-2-913493-74-2
GENCOD : 9782913493742
Les fables du Serpent
Le Serpent et la Lime. Livre V -16.
Le Villageois et le Serpent. Livre VI - 13.
La Tête et la Queue du Serpent. Livre VII - 17.
L'Homme et la Couleuvre. Livre X -1.
Extrait du prologue de Yves Le Pestipon :
Sur le Serpent, «on conte» énormément.
Cet «animal pervers», comme le dit l'Homme de la Couleuvre, fait travailler les langues. Beaucoup jurent ainsi que les serpents tètent le pis des vaches, ou qu'on les trouve au lit des jeunes mariées. Depuis le jardin d'Eden, récits et rêves buissonnent autour du Serpent. Petit Serpent rend "tête folle".
Sur ce «mauvais voisinage», La Fontaine n'est pas le dernier à rapporter d'étranges vérités. On conte, selon lui, qu'un Serpent grignota une lime. Il n'est pas douteux, toujours selon lui, que la Tête et la Queue du Serpent sont également venimeuses. La Fontaine, comme presque tout homme, est exécrable zoologue quand il parle Serpent. Il nourrit alors ses Fables des récits fabuleux du monde, dont la racine est en nos peurs.
Le Serpent n'est pas sympathique, et il est bête. Quand sa Tête et sa Queue s'opposent, il est pareil aux États qui se détruisent, comme La Fontaine a pu l'entrevoir par temps de Fronde. Rien pis que Tête qui mord Queue qui mord Tête. Cette «fatale erreur» se paye de mort.
Le «petit Serpent à tête folle», qui ronge en vain la Lime est pareil aux «esprits de dernier ordre» qui s'attaquent aux «beaux ouvrages» «d'acier, d'airain, de diamant». La Fontaine maudit volontiers les critiques, ces méchants impuissants.
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