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Les mensonges de l'aube

Couverture du livre Les mensonges de l'aube

Auteur : Evan Hunter

Traducteur : Pierre Brévignon

Date de saisie : 05/09/2006

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Archipoche, Paris, France

Prix : 7.50 € / 49.20 F

ISBN : 978-2-35287-004-3

GENCOD : 9782352870043


  • La présentation de l'éditeur

New York est trop étroit pour Annie, coutumière depuis l'âge de seize ans de fugues aussi mystérieuses que soudaines, notamment en Sicile où Andy, son frère jumeau, a dû se rendre il y a peu pour la faire sortir d'un hôpital psychiatrique.

Jusque-là, les proches d'Annie la jugeaient excentrique -n'est-elle pas adepte du Tantra et créatrice de bijoux érotiques ? Affabulatrice - ne dit-elle pas être poursuivie par des agents du FBI ? -, mais pas schizophrène, comme le prétend ce médecin italien !

Lorsque Annie disparaît à nouveau, Andy doit, pour la retrouver, rassembler les fragments qui composent, entre tendresse et désespoir, la personnalité de sa soeur. Mais revisiter ce passé l'oblige aussi à exhumer les névroses familiales et à affronter certaines vérités...

Né à New York, Salvatore Gambino (1926-2005) a multiplié les pseudonymes tout au long de sa carrière. Sous le nom d'Evan Hunter ont paru en français dix romans, du classique Graine de violence (1955) à Obsessions (Presses de la Cité, 2001), cosigné avec un certain... Ed McBain, son plus illustre double, auteur des Chroniques du 87' District.

«Une plongée douce-amère dans le déni et les faux-semblants.»
Epok.

«Un portrait de femme très attachant.»
Le Monde des livres.





  • Les premières lignes

Ma mère me téléphone dès qu'Annie est partie. Il est deux heures du matin.

Je sais tout de suite qui appelle et pourquoi. Personne, hormis ma mère, ne m'appelle jamais à deux heures du matin ; et c'est toujours pour me dire qu'une fois encore ma soeur est partie.

La famille se réunit peu avant l'aube. Je suis le dernier à arriver car j'habite Chelsea, en plein centre-ville, et l'appartement de ma mère est situé à l'angle de West End et de la 81e. Quand je fais mon entrée, ils sont déjà en pleine discussion. Ma belle-soeur Augusta m'offre une tasse de café puis nous rejoignons les autres dans la salle à manger.

Ma mère a soixante-trois ans mais elle skie toujours, part souvent en voyage et beaucoup de gens la trouvent encore séduisante. Quand je la regarde, je vois une femme maigre au visage dur avec des yeux d'un vert perçant et des cheveux châtains coupés court, aux reflets auburn -elle se les teint. Elle porte un peignoir de soie brochée acheté à Tokyo trois étés plus tôt et des pantoufles de velours rouge à franges dorées de chez Bergdorf. Ma mère est extrêmement fière de ses petits pieds. Elle ne manque jamais de raconter à qui veut l'entendre qu'elle a vraiment de tout petits pieds, s'empressant d'ajouter qu'elle a joué le rôle d'Alice au pays des merveilles avec une troupe de théâtre itinérante, comme si ses pieds lui avaient valu de décrocher le rôle.


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