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L'amitié au pied du mur

Couverture du livre L'amitié au pied du mur

Auteur : Alexandre

Date de saisie : 13/07/2006

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Le Grand Souffle Ed., Paris, France

Collection : Cri urgent

Prix : 5.00 € / 32.80 F

ISBN : 978-2-916492-05-6

GENCOD : 9782916492056


  • La présentation de l'éditeur

Printemps 2006 : dans l'élan de protestation trop rapidement nommé anti-CPE, un étudiant lucide, ni délirant ni suicidaire, mène une grève de la faim devant le rideau de fer encerclant la Sorbonne. Disponible à toutes les rencontres, il regarde, il écoute - il parle.
Diogène, traversant la cité antique avec une lanterne en plein jour, répétait : «je cherche un homme». Sur la place publique d'aujourd'hui, Alexandre sonde la nuit du monde.
Derrière la guerre du CPE, c'est le règne de la quantité, de la peur, du cynisme et de la division qui émerge et renvoie notre humanité à ce qu'elle est devenue : nous les fonctions !
Au coeur de son voyage dés-armé, fleurit une autre force...



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  • Les premières lignes

Intuitions autour d'une grève de la faim, menée du 23 au 30 mars 2006, devant le rideau de fer encerclant la place de la Sorbonne afin de protester contre l'occupation militaire et policière de la Sorbonne et de son quartier.

La rue. La rue depuis sept jours. Le paysage est devenu familier et la lumière diffuse. Je suis assis comme chaque jour devant le kiosque à journaux sur le Boulevard Saint Michel, au bas de la place de la Sorbonne.

À droite, les bruits infernaux du boulevard reprennent leur souffle. À ma gauche, on peut voir le rideau de fer et les quelques membres de la légion de gendarmerie qui le gardent. À l'aube du septième jour, ces murailles empêchent toujours la pensée et surtout la vie de pénétrer dans cette université symbolique.

La mort est des deux cotés, dans les moteurs fous et le rideau de fer. Et au milieu, le vivant, furieux, coulant, incompréhensible. Il me semble que tout pourrait surgir de ce mouvement rapide et aléatoire de la rue. Il en découle une sensation de crainte et d'excitation attentive.

Je comprends mieux le sens de ma présence. J'étais venu protester contre une occupation militaire, pour diversifier les moyens de lutte, pour montrer la gravité des événements récents, pour rouvrir une petite agora politique et conflictuelle devant ce lieu fermé... Mais l'action a progressivement pris une autre signification, plus profonde, plus juste, dans une forme de vie amicale.


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