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Oublier Chengdu

Couverture du livre Oublier Chengdu

Auteur : Xuecun Murong

Traducteur : Claude Payen

Date de saisie : 12/07/2006

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Ed. de l'Olivier, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 21.00 € / 137.75 F

ISBN : 978-2-87929-447-6

GENCOD : 9782879294476


  • La présentation de l'éditeur

Chen Zhong - vingt-huit ans, directeur commercial, joueur de mah-jong, amoureux de sa femme et dragueur invétéré

a l'insouciance élégante et un goût du plaisir quasi pathologique. Il passe ses soirées avec ses deux complices d'université,

Li Liang, boursicoteur avisé, et Wang Lin, commissaire corrompu. Et ses journées à comploter pour obtenir la direction générale de son entreprise.

Chen Zhong, un salaud magnifique ? Pas seulement.

Oublier Chengdu est le récit d'un naufrage humain, décrit avec un brio étourdissant. Murong Xuecun appartient à une jeune génération d'écrivains qui dénoncent la société, rongée par le pouvoir de l'argent, dans laquelle ils ont grandi et qui leur laisse peu d'espoir.

Diffusé partiellement sur le net en 2003, Oublier Chengdu a suscité des débats passionnés qui ont entraîné sa publication en version intégrale et son adaptation théâtrale par le Centre d'art dramatique de Shanghai.

Murong Xuecun est né en 1974. Il vit aujourd'hui à Lhassa et vient de publier un deuxième roman, tout aussi noir. «La mort est l'un de mes thèmes principaux, l'autre étant ces souffrances inconnues derrière le luxe et l'ostentatoire. J'aime la désolation, réelle ou fabriquée, qui se cache derrière chaque existence, j'aime quand on sourit d'avoir trop pleuré.»





  • Les premières lignes

En rentrant du bureau, Zhao Yue, ma femme, m'a téléphoné :
- Un nouveau restaurant spécialisé dans la fondue vient de s'ouvrir à Xiyanxian. Nous pourrions peut-être aller voir ce qu'il vaut...
Je l'ai brutalement rembarrée:
- Tu es comme les cochons, tu ne penses qu'à bouffer.
Il faut dire que j'étais de mauvais poil. La direction venait de nommer ce gros lard de Dong à la tête de la boîte. Nous y sommes entrés en même temps. C'est un gros porc complètement nul qui n'est bon qu'à lécher les bottes. Il va maintenant falloir que je travaille sous les ordres de ce tocard. Rien que d'y penser, ça me file le bourdon.
Zhao Yue a grogné et ajouté :
- Si tu ne veux pas venir, je peux y aller avec quelqu'un d'autre.
- Comme tu voudras, tu peux même coucher avec lui si cela te chante, ça ne me dérange pas.
Elle a raccroché. Étant donné le bruit que ça a fait, elle n'a pas dû y aller de main morte.
Je suis resté quelques minutes ahuri devant le téléphone. J'avais la tête vide. Je savais que j'y étais allé un peu fort. Zhao Yue n'avait rien dit de mal mais j'avais besoin de me défouler. J'ai pris ma serviette sous mon bras et je suis sorti. Au mois de mars, à Chengdu, on respire la fumée et la poussière. Ça rend les gens nerveux. J'ai acheté un paquet de cigarettes, les plus chères de ma marque préférée. Je me suis alors demandé comment commencer ce triste week-end. Après mûre réflexion, j'ai décidé d'aller chez Li Liang.


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