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Le dernier jour de la Golden Dawn

Couverture du livre Le dernier jour de la Golden Dawn

Auteur : Jean Brunet

Date de saisie : 11/07/2006

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Galilée, Paris, France

Collection : Lignes fictives

Prix : 17.00 € / 111.51 F

ISBN : 978-2-7186-0542-5

GENCOD : 9782718605425


  • La présentation de l'éditeur

Un matin d'hiver brumeux, nous embarquons dans Paris inondé à la suite du convoi funèbre qui conduit Véra jusqu'à sa dernière demeure. Véra, l'une des plus belles femmes de ce Paris fin de siècle, descendante présumée de l'assassin Poltrot de Méré, était à la tête de l'Ordre de l'Aube d'Or... Ses amis sont là, qui accompagnent son cercueil au fil de la Seine dont les berges ont rompu. Une fanfare joue le Requiem de Mozart. Tandis que plane toujours l'ombre d'Aleister Crowley, celui qu'on appelait " la Bête ", évincé par l'Ordre dix ans plus tôt, Le dernier jour de la Golden Dawn nous découvre, dans la lumière désastreuse de la grande crue de 1910, le crépuscule d'une époque qui croyait en l'homme au-delà de ce qu'il était raisonnable d'espérer.





  • Les premières lignes

On ne voit plus grand-chose.

Voici une heure que le jour s'est levé, et la lumière baisse déjà. Du Petit-Pont, on distingue à peine le commencement de la rue Saint-Jacques ; les tours de Notre-Dame disparaissent, à mi-hauteur, dans une sorte de poix. Passé le coin de la tour nord, on se trouve sous l'aplomb des gigantesques contreforts et de l'envolée des arcs-boutants dont le trajet se perd dans le brouillard.

À main gauche, la petite rue Massillon, drôlement pavée, aligne ses maisons de guingois avec leurs portes voûtées. Puis voici l'angle ouvert que font la rue Chanoinesse et la rue des Chantres en se rencontrant. La venelle est là, entre deux murs ; on ne la remarque presque pas.

C'est ici l'emplacement de l'ancien quartier Saint-Landry, de la porte des Marmousets, du port Notre-Dame, quand l'enceinte de Philippe Auguste servait de clôture. La Cité était alors un dédale de ruelles à demi recouvertes par les encorbellements, de chemins où l'herbe poussait, de palissades effondrées, tout cela dans l'embrassement du fleuve dont les berges minées exhalaient des odeurs de fin du monde.

On passera plusieurs fois devant sans s'aviser de la présence de la sente. Le ferait-on qu'il ne viendrait pas à l'esprit de se demander où elle va tant le passage en est discret, tel un vide que le hasard des implantations ne serait pas arrivé à combler. Dans une ville comme Paris on ne compte plus ces lieux furtifs ; ils sont partout. Mais l'oeil persiste à ne pas les voir.


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