Auteur : Margaret Doody
Traducteur : Bernard Cucchi
Date de saisie : 09/07/2006
Genre : Policiers
Editeur : 10-18, Paris, France
Collection : 10-18. Grands détectives, n° 3927
Prix : 10.00 € / 65.60 F
ISBN : 978-2-264-04184-5
GENCOD : 9782264041845
Quand la belle esclave Marylla vient demander à Aristote de défendre son maître, il délaisse le Lycée et s'enquiert sans tarder de l'affaire : le respectable Orthoboulos est accusé d'avoir frappé un homme, pour un différend au sujet de la jeune femme. Le riche citoyen est bien vite acquitté et tout semble rentrer dans l'ordre... Mais quelques mois plus tard, on retrouve son corps sans vie dans la chambre d'un bordel. Alors que déjà les accusations fusent et les rivalités se dévoilent, Aristote se lance sur les traces du meurtrier, mettant sa légendaire sagesse au service de la vérité.
Margaret Doody, née en 1939 au Canada, a fait ses études à Centreville, au Nouveau Brunswick. En 1968, elle obtient son doctorat à Oxford avec une thèse sur Samuel Richardson. Elle enseigne ensuite dans différentes universités américaines (Berkeley, Columbia), avant de devenir, en 1992, directrice du département de littérature comparée à l'université Vanderbilt de Nashville, dans le Tennessee. Auteur de nombreux ouvrages universitaires, elle se fait connaître du grand public en publiant, en 1978, un roman policier Aristote détective, suivi, deux ans plus tard, d'une courte nouvelle reprenant ce personnage, Aristotle and the Fatal Javelin. Elle a écrit depuis quatre nouvelles enquêtes, dont la dernière, Mysteries in Eleusis, a paru en Angleterre en 2005.
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Agents et mécanismes.
Un procès doit se tenir devant l'Aréopage, dit Aristote. Je crois que tu ferais bien d'y aller. Une affaire de coups et blessures... ça pourrait être intéressant. En fait, à première vue il ne s'agirait que d'une dispute entre un couple de citoyens qui se seraient battus dans un bordel à cause d'une concubine.
Pour être franc, cela ne me dit rien, répondis-je.
Peut-être ne voulais-je pas repenser au tribunal le plus ancien et le plus important d'Athènes après l'expérience que j'en avais eue quelques années auparavant. En revanche, je devais m'excuser pour le repas qu'on nous avait servi. Nous étions dans mon andron, la plus belle pièce de la maison - réservée aux hommes, elle servait de salle à manger, comme c'était l'habitude quand on recevait des amis n'appartenant pas au cercle familial. Enfant déjà, je pensais que ce lieu était notre «meilleure pièce». Aujourd'hui, cependant, j'en mesurais la décrépitude. Qu'il avait l'air miteux, mon andron, avec ses peintures écaillées et ternies ! On voyait une fissure sur l'un des murs et le pied d'une table était couvert de poussière, sans parler de tous les détails qui trahissaient le manque de soins apportés à cet endroit.
Depuis que je songeais sérieusement à prendre femme, la négligence avec laquelle ma maison était tenue me sautait aux yeux - et j'en étais d'autant plus vexé. Il m'apparut - trop tard - que je n'aurais pas dû inviter à dîner le maître du Lycée. Nous étions alors à la fin du printemps, avant que je n'entreprenne, cette même année, mon étrange voyage vers l'Orient, et Pythias, l'épouse d'Aristote, n'était pas au mieux'. Mon invitation partait d'un désir de le réconforter. Pythias attendait un enfant, mais la grossesse ne se déroulait pas comme elle aurait dû et Aristote était quelque peu inquiet. J'avais donc décidé de lui changer les idées et n'avais pas manqué non plus d'inviter Théophraste, le bras droit du philosophe. Quelle chance que ce personnage pompeux et ennuyeux se fût décommandé ! Certes, il était à Athènes, mais rendait visite à un autre ancien élève du Maître.
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