Auteur : Fethiyé Cetin
Traducteur : Laurence Djolakian | Alexis Krikorian
Date de saisie : 13/07/2006
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Ed. de l'Aube, La Tour-d'Aigues, France
Collection : Regards croisés
Prix : 14.60 € / 95.77 F
ISBN : 978-2-7526-0231-2
GENCOD : 9782752602312
" Sa grand-mère avait l'habitude de répéter : "Ce n'est pas des morts qu'il faut avoir peur, mais des vivants." Ces paroles, l'avocate turque Fethiye Çetin ne les a comprises que beaucoup plus tard, quand la vieille dame lui a raconté les scènes d'épouvante qui hantaient ses cauchemars. Dans les provinces orientales de Turquie, ces "Arméniens secrets" portent un surnom - terrible - les "restes de l'épée" ", a écrit Ursula Gauthier dans le portrait de l'auteur publié dans Le Nouvel Observateur en 2005. Fethiye Çetin retrace pour les siens, pour nous, l'histoire douloureuse d'Heranus Gadarian, sa grand-mère arménienne, qui, en 1915, assista au massacre de sa famille avant d'être enlevée par un soldat turc alors qu'elle avait à peine dix ans. Ce livre prend le lecteur au coeur, à la gorge. Il résonne tel un hymne étonnant, et magnifique, à ces familles déchirées par des massacres - ou un génocide - dont les enfants sont amenés à découvrir leurs origines au travers de révélations nécessairement douloureuses. Un livre poignant, et courageux.
En Turquie, le génocide fait toujours débat (300.000 morts selon les historiens officiels, au moins 1 million selon les chercheurs indépendants). Depuis quelques années, une poignée d'intellectuels, Orhan Pamuk en tête, contestent courageusement le négationnisme officiel, malgré les huées et les menaces. Fethiye Çetin, elle, a déclenché l'impensable : une vague d'empathie, des larmes de compassion, la stupeur après le refoulement, l'exigence de renouer avec un passé méconnu.
Et d'abord pour tous les enfants du silence. Selon les historiens, ils seraient 2 millions à compter une grand-mère muette dans leur généalogie.
En 1913, Heranus a écrit sa lettre à son père en langue et en alphabet arméniens. À cette époque, dans l'Empire ottoman, le turc était écrit en caractères arabes. Après la fin de l'Empire ottoman (1923), la République turque a adopté une réforme de l'alphabet (1928) et a commencé à utiliser les lettres latines.
Quand Hovannes a écrit des États-Unis à Horen et Heranus, il a probablement dicté sa lettre en «ancienne écriture», c'est-à-dire en caractères arabes. Par conséquent, ses propres enfants ont dû la faire lire par une personne connaissant encore l'«ancienne écriture».
Heranus ne semblait pas non plus capable de lire le turc en «nouvel alphabet», puisqu'elle ne pouvait pas lire les sous-titres des films étrangers.
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