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Le temps de l'amour et de la dèche

Couverture du livre Le temps de l'amour et de la dèche

Auteur : Julian Maclaren-Ross

Traducteur : Bernard Cohen

Date de saisie : 08/07/2006

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : 10-18, Paris, France

Collection : 10-18. Domaine étranger, n° 3932

Prix : 9.30 € / 61.00 F

ISBN : 978-2-264-04289-7

GENCOD : 9782264042897


  • La présentation de l'éditeur

Dandy alcoolique, touche-à-tout bohème, excentrique à l'humour féroce, Julian Maclaren-Ross fut l'une des figures les plus fascinantes du Londres littéraire des années 40. Situé dans l'Angleterre en crise de l'immédiat avant-guerre, Le Temps de l'amour et de la dèche, son unique roman, suit l'itinéraire de Richard Fanshawe, un journaliste aux ambitions littéraires déçues devenu représentant en aspirateurs. Entre hiérarchie tatillonne, clients mal lunés et petites combines de VRP, sa vie monotone change soudain de cap lorsqu'il s'éprend de la femme d'un collègue, la coquette Sukie. A la fois comédie sentimentale et satire sociale, Le Temps de l'amour et de la dèche est un livre d'une incroyable modernité et Richard Fanshawe un inoubliable antihéros.

Julian Maclaren-Ross est né en 1912 à Londres. Dandy, habitué des palaces de la Côte d'Azur comme des pubs enfumés, il est l'auteur de nombreuses nouvelles, de scénarios et d'une autobiographie. II est mort d'une crise cardiaque en 1964. Le Temps de l'amour et de la dèche est son unique roman.



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  • Les premières lignes

Le nouveau s'appelait Roper. Au premier coup d'oeil, j'ai compris qu'il ne ferait jamais un bon vendeur. Dans les vingt-quatre ans, pas très grand, une bouille rose et un long nez pointu, des cheveux blonds plaqués en arrière qui découvraient une grande cicatrice nichée entre les racines. L'effet était bizarre : on ne s'attendait pas à voir un type pareil balafré. On n'aurait jamais cru qu'il avait pris la mer mais c'était pourtant comme ça qu'il l'avait récoltée, cette blessure : un bougre armé d'un litron, à Marseille.

Il avait toujours un livre qui dépassait de la poche de sa veste, il n'arrêtait pas de lire. C'était à cause de Joseph Conrad qu'il s'était enfui de chez lui pour s'embarquer. Ensuite, une tante qui meurt en laissant un peu d'argent et il s'installe bookmaker à Brighton. Idée sacrément mauvaise, parce qu'il n'a pas la tête pour les affaires, et que c'est son associé qui tient les rênes. Mais lui, il est tout content, vu que le mec en question lui présente une fille qu'il épouse illico. Et un matin, bonjour tristesse, les tourtereaux se réveillent pour découvrir que l'associé s'est tiré avec l'oseille. Alors Roper doit manger de la vache enragée et il finit par se faire représentant en aspirateurs.

C'est comme ça que je l'ai rencontré. Moi, j'étais dans la partie depuis environ un mois.


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