Auteur : Nick Hornby
Traducteur : Isabelle Chapman
Date de saisie : 08/07/2006
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : 10-18, Paris, France
Collection : 10-18. Domaine étranger, n° 3496
Prix : 7.30 € / 47.88 F
ISBN : 978-2-264-04428-0
GENCOD : 9782264044280
La quarantaine passée, fatiguée par son métier harassant de médecin et un mariage qui a perdu toute saveur, Kate décide de demander le divorce. Dans l'espoir de la retenir, David, son mari, va alors changer radicalement : renouant avec ses idéaux de jeunesse, l'homme irascible devient un modèle de bonté, prêchant la redistribution des richesses et recueillant des SDF. Déstabilisée par ce changement soudain et ces initiatives aussi généreuses que maladroites, Kate se retrouve face à une situation inédite et explosive... A partir de quand est-on quelqu'un de bon et jusqu'où peut-on aller pour le rester ? Dans cette comédie aux mille facettes, Nick Hornby tacle le politiquement correct et interroge ce qui fait la solidité d'un couple.
C'est hilarant, frappé (comme on le dit d'un café), plus profond que ça en a l'air. Hornby tient la forme.»
Éric Neuhoff, Figaro Madame.
Nick Hornby est né en Grande-Bretagne en 1957. Après des études à Cambridge, il devient professeur tout en travaillant comme journaliste pour The Literary Review, The Daily Telegraph et The Sunday Times. A la fin des années quatre-vingt, il renonce à l'enseignement pour se consacrer à l'écriture. Son premier roman, Carton jaune, rencontre immédiatement le succès. Devenu depuis un auteur culte outre-Manche, souvent adapté au cinéma, chacun de ses titres est un nouveau best-seller - Haute Fidélité, À propos d'un gamin, La bonté : mode d'emploi, 31 Songs, Vous descendez ? - encensé par le public et la critique.
Je me trouve au milieu d'un parking à Leeds au moment où j'annonce à mon mari que je ne veux plus être sa femme. David n'est même pas dans la voiture avec moi. Il est à la maison avec les enfants et je lui téléphone sur mon portable pour lui rappeler de faire un mot pour Molly. Le reste, eh bien... le reste m'échappe. Une erreur, c'est sûr. Même si je suis apparemment, et à ma grande stupéfaction, le style de personne capable de dire à son mari qu'elle le quitte, je ne pensais pas être capable de dire une chose pareille au téléphone, au milieu d'un parking. Comme quoi on se fait des idées fausses sur soi-même. Je peux affirmer que j'ai une bonne mémoire des noms, par exemple, puisque j'en ai retenu des milliers et n'en ai oublié qu'un ou deux. Mais mettre fin à son mariage, les gens font ça une bonne fois pour toutes, ou pas du tout. Et si je choisis de le faire sur un portable dans un parking de Leeds, je ne peux pas ensuite prétendre que ce n'est pas mon genre, pas plus que Lee Harvey Oswald n'aurait pu prétendre que ce n'était pas son genre d'assassiner un président. Il faut parfois accepter d'être jugé sur une seule de nos actions.
Plus tard, dans la chambre d'hôtel, alors que je cherche en vain le sommeil - ce qui est en quelque sorte une consolation, car si j'incarne désormais la femme qui brise son ménage au milieu d'un parking, j'ai quand même la décence d'avoir du mal à m'endormir -, je me repasse la bande-son de notre conversation en essayant de comprendre comment nous avons pu à partir d'ici (le rendez-vous de dentiste de Molly) en arriver là (le divorce) en trois minutes. Dix tout au plus. Et interminablement jusqu'à trois heures du matin je me demande comment nous avons pu passer de cela (notre rencontre dans une soirée à la fac en 1976) à ceci (le divorce) en vingt-quatre ans.
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