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Carton jaune

Couverture du livre Carton jaune

Auteur : Nick Hornby

Traducteur : Gabrielle Rolin

Date de saisie : 08/07/2006

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : 10-18, Paris, France

Collection : 10-18. Domaine étranger, n° 3202

Prix : 6.90 € / 45.26 F

ISBN : 978-2-264-04425-9

GENCOD : 9782264044259


  • La présentation de l'éditeur

Match après match, saison après saison, le football rythme la vie de Nick depuis qu'à onze ans son père l'a emmené assister à sa première rencontre. Qu'il vente, qu'il pleuve, que son équipe gagne ou perde, il est toujours là, supporter inconditionnel dont l'obsession dévore peu à peu le reste de l'existence. Mais la passion n'empêche ni l'humour ni la lucidité, et le fan de foot se dévoile peu à peu, dressant en creux le portrait touchant d'un homme, d'une famille et d'une génération. À tous ceux - et toutes celles - qui ne comprennent pas que l'on puisse se passionner pour vingt-deux types en short courant après un ballon, Nick Hornby apporte la plus savoureuse des explications.

«Carton jaune est un modèle d'autobiographie doublé d'un livre fin et drôle. Que demander de plus ?»

Alexandre Fillon, Figaro Madame
Nick Hornby est né en Grande-Bretagne en 1957. Après des études à Cambridge, il devient professeur tout en travaillant comme journaliste pour The Literary Review, The Daily Telegraph et The Sunday Times. À la fin des années quatre-vingt, il renonce à l'enseignement pour se consacrer à l'écriture. Son premier roman, Carton jaune, rencontre immédiatement le succès. Devenu depuis un auteur culte outre-Manche, souvent adapté au cinéma, chacun de ses titres est un nouveau best-seller - Haute Fidélité, À propos d'un gamin, La bonté : mode d'emploi, 31 Songs, Vous descendez ? - encensé par le public et la critique.



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  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction :

Dimanche 14 juillet 1991.

C'est là depuis toujours, il faut que ça sorte.

Je m'éveille vers dix heures, prépare deux tasses de thé, les apporte dans la chambre à coucher, les place de chaque côté du lit. Ma femme et moi buvons pensivement, gorgée par gorgée. A peine tirés du sommeil, il convient de laisser passer un peu de temps, de respecter des délais que hantent encore les rêves, ces blancs que séparent d'éventuelles remarques à propos de la pluie dehors, de la soirée de la veille, de la fumée dans la chambre bien que j'aie promis à ma femme de ne plus fumer. Elle me demande ce que je fais cette semaine et je me dis : 1. Je vois Matthew mercredi ; 2. Matthew a encore ma vidéo Champions, à la gloire d'Arsenal ; 3. Attention. Ne pas oublier que Matthew, soi-disant supporter d'Arsenal, n'a pas été à Highbury depuis au moins deux ans et n'a donc pas eu la chance de rencontrer les nouvelles recrues en chair et en os. Je me demande ce qu'il pense d'Anders Limpar.

A partir de ces trois éléments qui me viennent à l'esprit dans les vingt premières minutes de lucidité, je connais le chemin. Je vois Limpar qui feint d'alerter Gillespie, lequel fait écran, faute du défenseur !

PENALTY ! DIXON MARQUE. 2 à 0. Même match : Merson talonne pour Smith qui centre du pied droit au second poteau... Je remarque la petite bourrade de Merson pour éliminer Grobbelaar... David qui tourbillonne et percute Villa... (Et songez que tout cela se passe un matin de juillet, durant notre mois de congé, pendant la trêve du football.) Parfois, je me laisse complètement envahir par ces flash-backs. Me voici à nouveau à Anfield en 1989, à Wembley en 1987, à Stamford Bridge en 1978, toute ma vie liée au foot défile sous mes yeux.

«A quoi penses-tu ?» me demande ma femme.

A cet instant, je ne pensais pas le moins du monde à Martin Amis, à Gérard Depardieu ni au Parti travailliste, mais que dire ? Nous n'avons pas le choix, nous les obsédés.


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