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Des espaces pour jouer : comment les concevoir, comment les aménager ?

Couverture du livre Des espaces pour jouer : comment les concevoir, comment les aménager ?

Auteur : Odile Périno

Date de saisie : 06/07/2006

Genre : Psychologie, Psychanalyse

Editeur : Erès, Ramonville-Saint-Agne, France

Collection : Petite enfance et parentalité

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 978-2-7492-0586-1

GENCOD : 9782749205861


  • La présentation de l'éditeur

Si jouer c'est grandir, bien jouer c'est bien grandir. Or aujourd'hui, tant pour les enfants que pour les adultes, le jeu n'a plus la place qui devrait lui revenir : la famille n'a plus ni le temps ni le goût pour jouer, l'urbanité moderne affecte à tout espace un usage déterminé, la société consumériste transforme les jouets en supports marketing et les médias télévisuels emplissent leurs écrans de jeux d'argent...

Par ailleurs, la modernité a entraîné d'importantes modifications dans la vie des enfants qui, très tôt, sont intégrés dans des collectivités. Leur jeu se trouve ainsi pris au coeur d'un paradoxe entre l'autonomie nécessaire à celui qui joue et les présences actives des adultes dont la responsabilité est devenue très exigeante. La plupart du temps, ce dilemme aboutit à une perte de liberté du joueur au profit de pédagogies par trop directives.

L'auteur défend la place du jeu comme dynamique de développement dès le plus jeune âge, vecteur de rencontres et de partages. Dans ce livre, réalisé à l'attention des professionnels de l'enfance, éducateurs, enseignants des écoles maternelles, puéricultrices, animateurs, ludothécaires mais aussi architectes ou designers, elle pose les bases des bonnes conditions du jeu, à partir de la définition du concept novateur de cadre ludique, pour les enfants en collectivités et les adultes qui les accompagnent : organisation matérielle, utilisation des lieux, choix des jeux et jouets.

Directrice de «Quai des ludes», centre du jeu et du jouet de Lyon, la plus ancienne ludothèque de France devenue une référence internationale, Odile Périno observe depuis trente ans le jeu des adultes et des enfants avec la passion d'une joueuse et la rigueur d'une analyste. Spécialiste du jouet dans ses aspects psychologiques, elle est responsable de l'édition annuelle des Ludoscope mais aussi auteur de jeux et créatrice d'espaces de jeux en collectivités. Elle a fondé à Lyon le Centre national de formation aux métiers du jeu.





  • Les premières lignes

Le jeu, comme toujours.

«Si le jeu des adultes est une récréation, celui des enfants est une nécessité.»

Le jeu accompagne l'être humain aux différents âges de la vie et cette longévité rend difficile la recherche de points communs. Bien que notre propos concerne majoritairement le jeu des enfants, il est nécessaire de s'accorder sur une définition.

Certains auteurs comme R. Caillois, J. Henriot, M.Mauriras-Bousquet pensent qu'il n'y aurait pas d'activités ludiques déterminées mais plutôt une attitude ludique comme un regard philosophique posé sur le monde ou même un mode de vie. Martine Mauriras-Bousquet écrit : «Il faut le répéter une fois de plus, il n'y a pas d'activité ludique en soi. Toute activité peut être ou non ludique, cela dépend de l'attitude dans laquelle cette activité est abordée...»

Jouer reviendrait alors à avoir conscience de jouer. Le jeu signifierait donc la distance entre soi et soi, entre imaginaire et réalité... Le cinéma, avec des oeuvres comme Le limier de Mankiewitz (1972) ou la littérature 3 avec Les mots, de Jean-Paul Sartre, en donnent de belles illustrations

«Considérons ce garçon de café, écrit-il. Il a le geste vif et appuyé, un peu trop précis, un peu trop rapide, il vient vers les consommateurs d'un pas un peu trop vif, il s'incline avec un peu trop d'empressement, sa voix, ses yeux expriment un intérêt un peu trop plein de sollicitude pour la commande du client, enfin le voilà qui revient, en essayant d'imiter dans sa démarche la rigueur inflexible d'on ne sait quel automate, tout en portant son plateau avec une sorte de témérité de funambule en le mettant dans un équilibre perpétuellement instable et perpétuellement rompu qu'il rétablit perpétuellement d'un mouvement léger du bras et de la main. Toute sa conduite nous semble un jeu. Il est appliqué à enchaîner ces mouvements comme s'ils étaient des mécanismes ; il se donne la prestesse et la rapidité impitoyable des choses. Il joue, il s'amuse. Mais à quoi joue-t-il ? Il ne faut pas l'observer longtemps pour s'en rendre compte : il joue à être garçon de café.» Et Jean-Paul Sartre ajoute : «Il en est de même de chacun de nous ; nous sommes toujours en représentation ; nous ne coïncidons jamais parfaitement avec une définition de nous-mêmes ; ce que je prétends être, voudrais être, crois être, je ne peux que jouer à l'être.»


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