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L'avant-dernier voyage

Couverture du livre L'avant-dernier voyage

Auteur : Gordana Cirjanic

Traducteur : Brigitte Mladenovic

Date de saisie : 05/07/2006

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Table ronde, Paris, France

Collection : Vermillon

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 978-2-7103-2880-3

GENCOD : 9782710328803


  • La présentation de l'éditeur

Dans ce roman d'une grande subtilité, deux voix alternent, liées par l'amour : celle de Dolorès et celle d'Alex, son mari, dont on comprend au fil des pages qu'il va mourir. Le couple traverse l'Andalousie, en une quête initiatique vers un Sud idyllique, une nostalgie de la civilisation qui affleure encore dans les vieilles rues de Cadix, mais que la vulgarité architecturale moderne dénature.

De Séville à Cadix en passant par Marbella, ville mirage, comparaissent des personnages et des lieux qui éclairent le passé d'Alex : sa fille (d'un précédent mariage), son enfance à Belgrade (il est serbe et c'est mal vu), son métier d'architecte, une certaine Laura, personnage fêlé, presque diabolique. Tout cela baignant dans un halo de désarroi, de regrets, d'ironie et de tendresse, avec un fourmillement de notations très fines. C'est une récusation de l'inhumanité contemporaine, en même temps que l'apologie d'une Espagne imaginaire.

Écrivain de belle réputation dans les Balkans, déjà traduite dans plusieurs pays, Gordana éidanie vit à Belgrade. L'avant-dernier voyage est son premier roman traduit en français.





  • Les premières lignes

C'est ça qui fait vieillir. L'insomnie. On dirait qu'il sommeille. C'est ainsi qu'on rêve le plus - en position inconfortable et par intermittence. De quoi rêve-t-il donc ?

J'aimerais qu'il rêve, par exemple, d'un voyage impossible. Et je voudrais bien être à ses côtés ; qu'il soit en sécurité dans son rêve. Par exemple un voyage à Lanzarote, cette île volcanique. À vrai dire, nous y sommes allés, cela appartient au domaine du possible. À part que pour nous maintenant aucun voyage n'est réalisable, ils sont tous impossibles.

Il vaudrait mieux qu'il ne rêve pas de Lanzarote, ce serait un rêve-souvenir. Cela ne ferait que ressembler à un rêve, avec des paysages de lave solidifiée, de minéraux violets et bleus en surface et de cratères volcaniques transformés en jardins paradisiaques. Le souvenir surgissant dans le rêve pourrait être pour lui une forme particulière de torture.

J'aimerais qu'il rêve d'un voyage non seulement irréalisable, mais réellement impossible. Dans l'Eldorado, par exemple, ou bien encore plus loin, l'Atlantide. Et qu'il y ait des gens dans ce rêve, des gens joyeux, mais pas une foule, quelques amis seulement, des personnes chères. Ou plutôt non ! Il pourrait avoir l'impression que c'est le voyage final. Peut-être un lieu cher, plutôt un lieu familier. Cadix, par exemple, qu'il rêve du carnaval de Cadix !

Nous aussi, nous serions déguisés, peu importe en quoi.


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