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Pas si bêtes les poissons : scènes de leur vie intime

Couverture du livre Pas si bêtes les poissons : scènes de leur vie intime

Auteur : Jacques Bruslé | Jean-Pierre Quignard

Date de saisie : 05/07/2006

Genre : Nature, Animaux

Editeur : Belin, Paris, France

Collection : Regards

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-2-7011-4113-8

GENCOD : 9782701141138


  • La présentation de l'éditeur

Que l'on soit plongeur, aquariophile, pêcheur ou simple amoureux des choses de la nature, le monde des poissons est source intarissable d'émerveillement. Mais sommes-nous sûrs de bien le connaître ? Sait-on, par exemple, que le mâle du célèbre poisson-clown, dominé par sa compagne, ambitionne de la remplacer et de devenir à son tour une femelle ? Que la baudroie est une spécialiste de la pêche à la ligne ? Ou que certains poissons des grands fonds clignotent en rouge et en bleu pour trouver l'âme soeur ?

C'est une sélection des plus belles scènes de la vie intime des poissons que propose ce livre. Guidé par l'oeil expert de deux naturalistes passionnés, le lecteur découvrira combien les stratégies et tactiques développées par les poissons pour accomplir les actes fondamentaux de leur vie quotidienne - communiquer, s'alimenter, se protéger et se reproduire - sont élaborées et ingénieuses. À l'heure où nombre d'espèces sont menacées par les activités humaines et le réchauffement climatique, puisse cette plongée dans les eaux des mers, rivières et lacs du monde entier inciter chacun à mieux respecter l'environnement si fragile des poissons.

Jacques Bruslé est professeur émérite à l'université de Perpignan.

Jean-Pierre Quignard est professeur à l'université de Montpellier.





  • Les premières lignes

Extrait de l'avant-propos :

Le poisson reste un animal mal connu du grand public qui, bien souvent, l'appréhende seulement lorsqu'il termine sa carrière dans son assiette... Sur l'étal du poissonnier, on ne retient fréquemment de lui que son apparence «stupide» due à ses yeux glauques (s'il n'est pas frais...) et à sa rigidité cadavérique, et on reconnaît seulement quelques espèces familières (...) Le pêcheur à la ligne ne cible la plupart du temps que quelques espèces particulières : le gardon, le chevaine, l'ablette, le goujon, le brochet, la perche, la truite ou le saumon, le loup et la daurade. Quant à l'aquariophile, il ne s'intéresse qu'aux espèces les plus classiques : le carassin, le combattant, le scalaire, le guppy, le xipho... Une telle méconnaissance des poissons est d'autant plus surprenante que la curiosité suscitée par ces représentants du monde aquatique est considérable si l'on en juge par le succès que connaissent les aquariums domestiques (27.000 «poissons de compagnie» en France) et les aquariums publics (au Grau-du-Roi, à Monaco, Boulogne, Nancy, La Rochelle, Paris...). (...)
Les Anciens ne se sont-ils pas émerveillés devant des poissons dont les civilisations assyrienne, chaldéenne, égyptienne et inca ont fait de véritables dieux ? La religion catholique n'a-t-elle pas utilisé le poisson comme emblème baptismal des premiers chrétiens ? Le dieu Vichnou des boudhistes n'est-il pas symbolisé par un poisson ? Les Indiens d'Amérique du Nord, très bons observateurs de la nature, n'ont-ils pas été impressionnés par le comportement des saumons dans les rivières des montagnes Rocheuses ? Ces poissons symbolisaient à leurs yeux le courage, celui de revenir chaque année aux points de rendez-vous de l'espèce selon un calendrier immuable afin d'assurer sur les frayères la continuité génésique de l'espèce. Le pêcheur à la ligne n'apprend-il pas à ses dépens que le poisson ne se laisse pas toujours facilement «leurrer» par les différentes sortes d'imitations de proies qu'il emploie ? Ne sait-il pas que l'animal convoité «s'éduque» au point «d'apprendre» à reconnaître l'un de ces leurres, qu'il n'attaquera jamais (ou très rarement) deux fois consécutives ? Et que, fort d'une «expérience acquise» au cours du temps, à mesure qu'il vieillit, il devient de plus en plus méfiant, donc difficile à capturer ? N'est-il pas convaincu de «l'astuce» du brochet ou de la «malice» de la truite, responsables de tant de «bredouilles» ? Le grand pêcheur à la ligne Isaac Walton ne fut-il pas l'un des premiers, en 1653, à être frappé par le comportement «malin» des salmonidés qu'il tentait de capturer ? Les pisciculteurs n'ont-ils pas acquis la certitude que le poisson d'élevage peut-être «dressé» au point de se trouver conditionné à un type d'aliment et des heures de repas précis ?


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